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Interview de Jacqueline Gourault – « L’État accompagnateur des territoires »

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Photo AFP.

Questions à Jacqueline Gourault , Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales

L’Epicentre : Les EPCI et les Régions déploient leurs arguments pour attirer de nouvelles entreprises et garder celles présentes. Comment la ministre que vous êtes, veille-t-elle à l’équité des territoires ?

Jacqueline Gourault : Si l’on se réfère à la situation pré-Covid, on fait le constat que des régions vont bien, d’autres moins. 3% de chômage en Loire Atlantique, jusqu’à 20% dans les Hauts de France qui ont connu des fermetures dramatiques comme Bridgestone. Le rôle de l’État est de répondre à cette fracture territoriale, raison pour laquelle certaines politiques publiques sont maintenues pour deux ans, comme le zonage en ZRR (revitalisation rurale) qui aurait dû s’éteindre cette année. Autre politique, celle des Territoires d’industrie, qui vise la reconquête industrielle des territoires en difficulté (Ndlr : 9 ont été choisis en Centre-VdL). Ces politiques sont construites en lien avec les politiques locales, en l’occurrence les régions et intercommunalités, en associant les dirigeants d’entreprises eux-mêmes. Pour cela, une première enveloppe de 150M€ est engagée pour créer, moderniser ou étendre les sites industriels. 174 projets ont été retenus en France pour 2020, 320 dossiers sont déposés et en cours d’instruction pour 2021. Le Fonds Friches quant à lui, servira en 2021 à convertir les friches industrielles et urbaines en centre-ville, dans le programme Action cœur de ville.

L’Epicentre: Ce qui montre que l’industrie change…

Jacqueline Gourault : Oui, le visage de l’industrie évolue. Et si le plan de relance doit aider les secteurs en difficulté, il doit aussi servir la transformation de l’industrie en France. Par exemple l’automobile électrique, pour une adaptation au monde actuel.

Elle doit pour cela, à chaque fois que cela est possible, utiliser les mains d’œuvres locales qui souvent ont une histoire. La Normandie fut une terre d’industrie textile, elle a conservé des savoir-faire. De même dans l’Indre, une foule de TPE, sous-traitantes de la maroquinerie de luxe, se développent encore dans ce secteur qui reste porteur.

L’Epicentre: La crise sanitaire montre que les Français ont envie de quitter les centres urbains pour rejoindre la campagne ; le télétravail les y aide. N’est-ce pas le moment de donner une chance aux territoires ruraux ?

Jacqueline Gourault : Oui c’est une chance à saisir. 35% de la population vit en territoire rural, et la réorganisation que vous évoquez ne fait qu’amplifier la tendance. Depuis quelques années, le monde rural compte 100.000 habitants de plus chaque année. La qualité de vie, l’environnement, l’alimentation raisonnée, sont désormais soutenus par le programme « Petites villes de demain », que je viens d’initier. Il accompagnera les villes de moins de 20.000 habitants qui jouent un rôle de centralité d’un territoire. Elles doivent être accompagnées pour qu’y soit maintenus le service public, le commerce de proximité ou encore la présence de médecins. L’État investit pour cela 3MD€ sur 6 ans, hors plan de relance.

L’Epicentre : Peut-on imaginer de rebattre les cartes du développement économique de nos régions ?

Jacqueline Gourault : Bien sûr, tout est fait pour cela. Mais on reste dans un État de droit et d’économie libérale. Il faut donc que les territoires soient suffisamment attractifs pour que les entreprises aient l’idée et l’envie de venir s’y installer. Pour cela, la mobilité doit être une réalité. L’Etat a signé en juillet dernier avec la région Centre Val de Loire et la SNCF le programme « Petites lignes » pour la restauration des lignes de chemin de fer sur les territoires infrarégionaux, pour faciliter le déplacement des populations et l’installation des entreprises. 250M€ seront investis pour la restauration de six voies d’ici 2027.

 Dans la quête pour l’équité des territoires, l’on voit que l’Etat se veut accompagnateur, par des financements nouveaux et une collaboration accrue avec les collectivités.

Propos recueillis par Stéphane de Laage

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