Transitions Collectives : la plateforme de sauvetage des emplois menacés

Jean-Marie Bastiani dirige Transitions Pro qui porte le dispositif Transitions Collectives en Centre-Val de Loire.

La région Centre-Val de Loire est pilote pour le lancement de la plateforme Transitions Collectives qui organise la reconversion des emplois menacés par la crise sans passer par la case chômage.

À l’échelle des bassins d’emplois, il peut exister de grandes inégalités entre des activités fortement impactées par les effets de la crise sanitaire, comme l’automobile ou l’aéronautique, et d’autres secteurs qui sont, au contraire, porteurs comme les industries pharmaceutiques ou alimentaires. C’est sur la base de ce constat que le Ministère du Travail a lancé à la fin de l’année dernière un appel à manifestation d’intérêt afin d’identifier les premiers territoires pilotes pour le lancement d’un dispositif baptisé « Transitions Collectives ». « Transitions », car il s’agit d’organiser le passage d’un métier vers un autre, et « Collectives », car le dispositif s’appuie sur un ensemble d’acteurs locaux.

En Centre-Val de Loire, un véritable « consortium » s’est constitué pour répondre à l’appel gouvernemental autour de Transition Pro, l’ex-Fongecif organisme paritaire dédié à la formation professionnelle, qui porte le projet. Il réunit les services de l’Etat avec la Direccte et Pôle Emploi, le Conseil Régional et son agence Dev’Up, les organismes de formation OPCO, EDF et des groupements professionnels comme la Cosmetic Valley, les industries alimentaires, Pôle Pharma, Aéro-Centre ou encore le groupement des industries françaises de l’aéronautique et du spatial.

 Un nouveau « Rebond »

« Nous avons d’autant plus facilement adhéré à ce projet que nous avions déjà lancé une opération similaire au cours de l’été 2020 sous le nom de Rebond », explique Jean-Marie Bastiani, le directeur régional de Transitions Pro.

Forte de cette antériorité et de cette expérience, la réponse fournie par le consortium du Centre-Val de Loire a été validée fin janvier par le Ministère du Travail qui lui attribue donc un rôle de pilote. Il est vrai que la région se situe à la deuxième position nationale, derrière les Pays de la Loire, pour le nombre de métiers dits « en tension », c’est-à-dire pour lesquels des offres d’emploi existent, mais qui ont des difficultés à être pourvues, le plus souvent faute de profils adaptés.

« L’objectif de Transitions Collectives consiste précisément à trouver des candidats pour ces métiers en tension grâce à une reconversion des salariés dont l’activité risque de disparaître en raison des effets de la crise sanitaire », précise Jean-Marie Bastiani.

 Anticiper sur la crise

L’originalité de l’opération réside dans l’anticipation de la situation de crise. Plutôt que d’attendre le déclenchement de plans sociaux et la mise au chômage de salariés, Transitions Collectives repère en amont les entreprises menacées et propose tout de suite, toujours sur la base du volontariat, une formation à un nouveau métier « recruteur » sur le même bassin d’emploi. « La formation peut durer jusqu’à 24 mois et est prise en charge ainsi que la rémunération à 100% pour les PME et TPE, à 75% jusqu’à 1000 salariés et à 40% au-delà », ajoute Jean-Marie Bastiani.

Le volet le plus sensible du dispositif Transitions Collectives consiste à analyser de la façon la plus fine possible la structure de l’emploi local en repérant les métiers menacés et ceux qui peinent à recruter.

Cartographie des métiers en tension

Ce travail de cartographie économique et sociale a été réalisé par le consortium en lien avec le service Études statistiques de la Direccte. Pour chacun des six départements de la région Centre-Val de Loire, un tableau comportant 87 professions regroupées par grandes familles a été établi avec des indicateurs colorés, du vert au rouge, donnant le niveau de « tension » de chaque métier. Chaque département à ses spécificités. En Indre-et-Loire, ce sont les ingénieurs en informatique et les techniciens des industries mécaniques qui font le plus défaut, tandis qu’en Loir-et-Cher, on manque de sages-femmes et de techniciens du bâtiment, secteur qui est également à la peine dans le Loiret avec les métiers de la maintenance.

La cartographie ainsi établie est en perpétuelle évolution. Elle peut être enrichie et consultée sur la plateforme numérique à laquelle les membres du consortium ont accès.

L’Etat et ses partenaires mobilisent d’importants moyens financiers pour le dispositif « Transitions Collectives » doté de 500 M€ dont 15 M€ pour le Centre-Val de Loire.

Par Bruno Goupille

Transitions Pro succède au Fongecif

À la suite de la loi de 2018 sur la formation professionnelle, les anciens Fongecif (Fonds de Gestion des Congés Individuels de Formation) ont changé de nom en 2019. Ils s’intitulent désormais « Transitions Pro ». Organismes à gouvernance paritaire, ils ont toujours en charge le financement de la formation professionnelle et participent à la prise en charge du projet de transition professionnelle des salariés. Ils exercent aussi une mission de vérification de la qualité des formations dispensées et pilotent un observatoire des besoins en compétences territorialisées.

Pour la région Centre-Val de Loire, Transition Pro emploie une quinzaine de personnes et gère un budget de 15 M€.

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