Sens et talents à Salbris

© Photo : Association Sens et Talents

À la rentrée prochaine, les anciens locaux de l’usine Matra à Salbris accueilleront une école de production pour un ancrage des jeunes sur le territoire.

 « Aujourd’hui, beaucoup de jeunes sont en recherche de sens. Je pense que c’est une obligation pour notre association, les entreprises, le territoire, les élus de mettre toutes les bonnes volontés pour leur permettre de retrouver un sens dans leur vie et de découvrir un métier, de l’aimer et de s’ancrer dans le tissu du territoire », défend Dominique Gardy, président de l’association Sens et Talents.

Une quarantaine d’écoles de production sont déjà implantées en France, et la première du Centre-Val de Loire ouvrira à la rentrée, grâce au projet porté par cette association, sur le site du technoparc à Salbris dans les anciens bâtiments de Matra. En plus de son accessibilité par le train, Salbris fait partie du « territoire d’industries qui fait l’objet d’un engagement de l’État pour des investissements prioritaires ».

Cette école s’appuie sur un triptyque gagnant : les jeunes trouveront du sens et un emploi, les entreprises suivront les élèves formés sur des machines traditionnelles et numériques identiques aux leurs et « les jeunes, qui forment le tissu économique, social, humain du territoire de demain et ayant trouvé un job et du sens dans leur vie, vont s’ancrer dans le territoire et encore plus si certains d’entre eux créent leur propre entreprise ». De plus, ce projet réhabilitera un ancien site industriel.

« L’école est destinée à des jeunes en difficulté de 15 ans et plus qui ne sont pas admis dans un système scolaire classique. » Dans cette école baptisée Maurice-Leroux, reconnue par l’Éducation nationale et portée par la fédération nationale des écoles de production, « chacun et chacune a des talents et l’école a pour but de leur faire découvrir leur propre talent et de les développer pour être prêt à l’embauche », explique-t-il. Ils bénéficieront de la pédagogie « faire pour apprendre ». Pour cela, ils passeront un tiers du temps en cours et deux tiers à « fabriquer des pièces réelles de commandes réelles d’entreprises locales qui donnent de la sous-traitance à l’école », et « tout se passe sur le même site. Nous avons dix engagements de contrats de sous-traitance d’entreprises locales et dix autres potentiels en cours de discussion. » Les écoles de production constatent que le jeune ainsi formé pour un CAP ou un bac pro reçoit en moyenne 2 à 3 opportunités dès son entrée sur le marché du travail.

« L’idée est d’avoir quatre classes dans trois ans dans le domaine de la mécanique de précision », chacune d’une capacité de douze élèves et encadrés par des maîtres professionnels expérimentés. « Il sera peut-être possible de créer une deuxième filière dans la soudure ou dans le domaine des moteurs » en se basant sur le vivier industriel local et l’intérêt des jeunes.

Ce projet, qui coûte 1,6 millions d’euros pour l’achat des machines et 1 million pour la réhabilitation du site, est financé grâce au plan de relance, à la Région et à des fondations de fonds privés. Pour son fonctionnement, l’école vendra les pièces fabriquées par les élèves au prix du marché, recevra la taxe d’apprentissage reversée par les entreprises locales et une subvention régionale. Le coût pour les familles sera ainsi marginal, indépendamment de l’internat que l’association projette d’ouvrir à proximité.

 

Après une carrière internationale, Dominique Gardy a rejoint ce projet pour « rendre la chance qu’on a pu avoir. Il ne peut pas y avoir meilleure satisfaction que d’arriver à aider ces jeunes. »

https://ecolemauriceleroux.com

par Laëtitia PIQUET

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