Les cafés Jeanne d’Arc : une alerte centenaire

Le café est torréfié dans la boutique de la rue du faubourg Saint-Jean par le maitre torréfacteur Adrien Georges, ici en compagnie de Lenka Girard

Véritable institution orléanaise dont l’histoire se confond avec celle de la ville, les cafés Jeanne d’Arc multiplient le soutien aux initiatives locales et ouvrent un « Club Café » près des halles.

Les grandes heures du commerce fluvial orléanais, les drames de la grande guerre, les périodes fastes de la reconstruction et la prospérité des trente glorieuses, les Cafés Jeanne d’Arc ont vécu toutes ces étapes de l’histoire de la capitale du Loiret. L’entreprise commerciale fêtera ses 123 ans en mai prochain. Le même mois qui célèbre chaque année depuis 1429 les exploits de Jeanne d’Arc, libératrice d’Orléans dont la marque a emprunté le nom. C’est le fondateur de la dynastie, Alfred Barthélemy, qui a choisi le nom de Jeanne d’Arc pour ouvrir le premier magasin, rue de la République, en mai 1899, suivi d’un deuxième rue Royale, deux ans après. Commerçant dans l’âme, il avait fondé auparavant la société d’importation coloniale qui faisait venir de l’indigo, des épices, du thé et du café des comptoirs d’Inde et d’Afrique en transitant par Marseille, le Havre et Orléans. À l’époque, certaines marchandises arrivaient encore sur des barges en remontant la Loire depuis Saint-Nazaire.

Cinq générations à la barre

La jeune enseigne se diversifiera ensuite dans la fabrication de pâtes alimentaires élaborées dans une usine du faubourg Madeleine. La deuxième génération, celle de René et Gaston, les fils d’Alfred Barthélémy, sera marquée par la disparition de René sur le front en 1916. Gaston restera seul à la barre qu’il transmettra à son fils, Jacques Barthélémy après les affres de la deuxième guerre mondiale dont les bombardements épargnèrent miraculeusement les deux boutiques orléanaises. C’est le gendre de Jacques Barthélemy, Daniel Girard, qui reprendra le flambeau à partir des années 1970. Parmi de nombreuses initiatives, il ouvrira l’actuel magasin de la rue du Faubourg Saint-Jean où est installé l’atelier de torréfaction.

La cinquième génération a repris les manettes du torréfacteur et de l’entreprise en 2008, avec Stéphane Girard et son épouse Lenka. « Nous nous inscrivons dans cette longue tradition familiale qui repose sur la qualité des produits, l’innovation et l’engagement dans la vie de la cité », explique Lenka Girard.

Acteurs de la vie locale

L’histoire des Cafés Jeanne d’Arc s’est toujours confondue avec celle de la ville d’Orléans. Les deux fils d’Alfred Barthélemy, Gaston et René, étaient passionnés de sport et ont été à l’origine de la création du club Arago sport orléanais qui en 1902 donnera naissance à l’actuel club de football de l’US Orléanais. Deux gymnases de l’avenue Jean-Zay portent les noms de Jacques et Gaston Barthélemy.

Encore aujourd’hui, les Cafés Jeanne d’Arc soutiennent les grands événements orléanais comme les incontournables fêtes Jeanne d’Arc, le festival de Loire ou les expositions des artistes orléanais. Ainsi le thème du café et du thé a-t-il été décliné par les peintres et illustrateurs de l’association pour les 120 ans de la marque en 2019. La création s’exprime également par la composition de mélanges de thés ou infusions pour des sites et lieux touristiques ou à l’occasion de manifestations comme les fêtes de la Renaissance, la journée de la femme ou la route de la rose.

Les Cafés Jeanne d’Arc figurent aussi parmi les partenaires historiques de l’association orléanaise Speak You dont la carte sonore permet aux déficients visuels d’écouter le menu des restaurants. Une carte sonore de la large gamme de thés, cafés et infusions leur est ainsi proposée.

Par Bruno Goupille

Un Club Café rue de Bourgogne

Depuis l’été dernier, les Cafés Jeanne d’Arc ont ouvert un « Club Café » au 288, rue de Bourgogne, près des halles d’Orléans. On peut y déguster les thés et cafés de l’enseigne, prendre un petit-déjeuner ou une collation à midi et au goûter.

Une offre qui complète les trois magasins de la rue Royale, rue de la République et faubourg Saint-Jean où travaillent 15 collaborateurs.

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