Du fourrage vert pour le Petit Trôo du Cheval blanc

Dans le cadre du plan de relance, Le Petit Trôo du Cheval blanc est pour l’heure le seul hôtel-restaurant de la région à avoir bénéficié d’une aide « Tremplin Tourisme durable » visant à « accélérer sa transition écologique ». Une subvention plus que bienvenue alors que l’établissement a été repris… quelques semaines seulement avant la pandémie.

Quand on rachète une activité d’hôtellerie-restauration touristique à quelques semaines d’une période de confinement historique – qui en retardera l’ouverture et compliquera ses premiers pas – toute aide est évidemment plus que bienvenue. Olivier Bourgeais, qui a repris fin 2019 avec son épouse l’hôtel-restaurant Le Petit Trôo du Cheval blanc, dans le village troglodytique du nord du Loir-et-Cher, n’a donc pas hésité lorsque l’Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie (Ademe) a ouvert le guichet du « Fonds Tourisme durable », dans le cadre du plan de relance. « À dire vrai, sans le soutien du groupe Logis Hôtels, auquel je suis affilié et qui est partenaire de l’Ademe, je ne me serais pas lancé dans la démarche. Je redoutais de me perdre – et de perdre mon temps – dans un nouveau dédale administratif. À l’usage, je dois pourtant avouer que les formalités n’étaient pas si compliquées, même si c’est parfois un peu pénible. Et pour achever de me convaincre, je me suis dit que les subventions seraient de toute façon attribuées. Alors autant en profiter plutôt qu’un autre », explique-t-il. Bien lui en a pris, puisque l’entrepreneur bénéficiera finalement d’une aide représentant peu ou prou la moitié de son investissement – qui dépasse les 40 000 € – avec une avance de 30 %.

Accélérer la transition écologique

Le dispositif vise à accélérer la transition écologique des restaurateurs et hébergeurs, principalement via la réduction des consommations : eau, énergie, déchets (emballages, gaspillage alimentaire…) ou encore transports, en favorisant les circuits courts. « Concrètement, les fonds m’ont permis d’investir dans une cellule de refroidissement. Un équipement indispensable si l’on veut du fait maison et travailler des produits frais en minimisant les déchets. À défaut d’une telle solution de conservation, le gaspillage est trop important – impossible de connaître à l’avance le nombre de clients à servir ! –, ce qui n’est ni économiquement, ni écologiquement tenable. Je vais également pouvoir bénéficier d’une formation aux éco-gestes et à la cuisine durable ou encore remplacer l’ensemble des WC dans les chambres de l’hôtel pour réduire la consommation d’eau. Au printemps prochain, je profiterai d’actions de communication, autre élément appréciable du dispositif », détaille Olivier Bourgeais. Le programme prévoit en effet des outils de valorisation de la démarche afin de « favoriser l’engagement écologique comme un avantage concurrentiel ».

Conjoncture délicate

Une chose est sûre, assure le restaurateur : « Je n’aurais pas lancé 80 % des investissements entrepris sans ces subventions ». La conjoncture reste pour lui plus que délicate : « J’ai excellemment travaillé en restauration pendant l’été 2020, au point de compenser une activité d’hôtellerie qui est restée très modeste. Mais le coup de frein a été très fort dès septembre, avant d’enchaîner avec le nouveau confinement. Cette année, nous n’avons pu rouvrir qu’en mai et nous n’avons pu travailler correctement que du 20 juillet au 20 août seulement », retrace-t-il. Pour expliquer cette atonie, le restaurateur évoque « d’abord, une météo défavorable. Trôo, c’est une visite à la journée. Notre clientèle potentielle, c’est celle qui est à une heure du village : Tours, Blois, Le Mans… S’il ne fait pas beau, elle ne part pas en balade ». Autre raison invoquée, « la peur ». « Après le premier confinement, c’était l’euphorie », se souvient Olivier Bourgeais. Mais cet été, c’était plutôt la torpeur. L’entrepreneur ne saurait dire si ces craintes sont davantage liées à la santé ou au pouvoir d’achat, mais « le pass sanitaire n’aide pas. On n’a revu des grandes tables qu’en toute fin de saison », relève-t-il. L’établissement vient de fermer ses portes pour travaux – il va bien falloir les installer, ces nouveaux équipements ! Reste à espérer qu’il se réveillera sous un ciel plus clément.

Par Frédéric Fortin

L’Ademe attribue près de 25 millions d’aides en région Centre

Dans un communiqué de presse, Mohamed Amjahdi, directeur régional de l’Ademe Centre Val-de-Loire, se félicite d’avoir « soutenu 96 dossiers pour un total cumulé de 24,268 millions d’euros » au 28 septembre dernier (12 dossiers en Loir-et-Cher, pour des aides cumulées de 343 000 euros).

On relèvera que si ledit communiqué n’évoque pas le montant total des investissements prévus par les porteurs de ces 96 dossiers – soit plus de 117,540 millions d’euros tout de même –, le tableau l’accompagnant, qui détaille ligne par ligne chacun des dossiers, ne mentionne lui que le coût total de chaque projet sollicitant une subvention, sans faire nulle mention du montant de la subvention qui lui a finalement été accordée. Le lecteur distrait pourrait donc aisément prendre le coût total du projet pour le montant de l’aide attribuée…

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