« Ça va, merci » : quand les créatives misent sur le collectif

Ça va, merci

L’idée a germé au cours d’une conversation entre copines créatrices : faire équipe avec d’autres artisanes d’art afin de compenser les pertes de chiffre d’affaires engendrées par la crise sanitaire. Récit de la naissance de « Ça va, merci », une initiative spontanée qui a permis à cinq Tourangelles de présenter leur travail à l’approche des fêtes, en pleine période de confinement.

Tout part de quelques mots échangés entre Camille Chaleil, céramiste, et Camille Lebègue, illustratrice, aussi connue sous le nom de Kamcha : on est au mois d’octobre, et les marchés de Noël commencent à être annulés les uns après les autres. Pour se donner une chance de proposer leurs œuvres à la vente, les deux artistes réfléchissent à un plan B… Et pourquoi pas former un collectif avec d’autres créatifs du coin ? « On voulait quelque chose de petit et de local. On a donc réfléchi aux connaissances auxquelles on pourrait proposer de nous rejoindre, et on s’est vite retrouvées à cinq », raconte Camille Chaleil. Yuan, créatrice de bijoux en broderie, Caroline, designeuse textile et illustratrice, et Agathe, dénicheuse de vêtements de seconde main, viennent grossir les rangs. En écho à cette période difficile pour les artisans d’art, le collectif est baptisé « Ça va, merci », et existe d’abord sur Instagram. « On voulait créer le fil rapidement, mais qu’il soit clair et présente vraiment bien », explique la céramiste, qui, ne connaissant pas grand-chose aux réseaux sociaux, demande conseil à sa belle-fille de 14 ans pour mettre en forme une jolie galerie. Les illustrations, boucles d’oreille, fringues d’occasion et autres vases en céramique y sont présentés trois par trois, et associés à un code qui permet de les réserver. Ne reste plus qu’à passer les récupérer à l’Atelier 9, rue Jules Charpentier, muni de son masque et de son attestation.

Dans ce même lieu, sont ensuite organisés deux marchés de Noël, les week-ends des 5-6 décembre, puis des 12-13 décembre, au cours desquels une sélection des pièces réalisées ou chinées par les créatrices sont proposées à la vente. Le petit truc en plus ? La présence de deux autres copines tourangelles, Laïla et Andrea, dont les stages de yoga viennent étoffer l’offre. « Le concept a cartonné », relate Camille Chaleil, pour qui le secret de la réussite a résidé dans un goût commun pour la minutie, la fierté de montrer les œuvres les unes des autres, mais aussi l’entente naturelle. « On est toutes maman et on a le même mode de vie, on est bien occupées… Du coup, une forme de flexibilité naturelle s’est instaurée », justifie la créatrice qui envisage « Ça va, merci » comme un moyen pour les femmes qui le composent de faire preuve de sororité. Ensemble, toutes ont décidé de continuer à s’entraider. En 2021, les pièces des artisanes et de leurs futurs invités continueront donc d’être présentées sur le fil Instagram du collectif, et pourront être récupérées grâce à un système de click and collect dont les modalités restent à préciser. Pour fêter le printemps, un événement devrait même être organisé en mai… Longue vie à « Ça va, merci » !

Par Juliette Lécureuil

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