Alliance Téléimagerie tente de pallier le manque de radiologues

De gauche à droite, Marthe Ménard (office manager), Marie-Agnès Lauvin, (directrice générale), Damien Boisset (projet manager), et Éric Waynberger (président ).

Alors que les sociétés de téléradio se développent de manière exponentielle partout en France, les radiologues de la région Centre-Val de Loire choisissent de se fédérer pour faire face au déficit de praticiens. Récit de la naissance d’Alliance Téléimagerie par Marie-Agnès Lauvin, neuro-radiologue et directrice générale de la société.

Créée en juillet 2019 à l’initiative des médecins du GRIM – groupement des radiologues – imagerie médicale – du Centre, Alliance Téléimagerie est la réponse à un problème qui dure depuis des années et ne cesse de s’accentuer : la pénurie de radiologues à l’hôpital. « Elle se fait particulièrement sentir dès lors que l’on recherche un praticien spécialisé », déplore Marie-Agnès Lauvin, citant notamment ses confrères spécialisés dans l’IRM de prostate. Alors que commencent à se déployer diverses sociétés de téléradio, les 67 actionnaires s’interdisent d’être soutenus par des investisseurs extérieurs : « On ne voulait pas faire passer le profit avant les patients comme certaines sociétés commerciales donnent l’impression de faire, même si la plupart d’entre elles sont sérieuses ». Bien sûr, le collectif avait conscience de se lancer sur un marché extrêmement concurrentiel… Mais souhaitait à tout prix proposer une solution conçue par et pour les radiologues – parmi les 67 actionnaires, tous le sont et exercent leur activité au sein d’une autre structure – afin d’augmenter le nombre d’examens réalisés dans la région. En pratique, le patient qui a besoin de passer une IRM lombaire se rend dans un centre d’imagerie médicale ; le médecin chargé de réaliser l’examen met à disposition du manipulateur sur la plateforme ITIS un protocole à appliquer le jour de la visite du patient ; et dans les 24h qui suivent cette dernière, les images prises en suivant le protocole sont transmises au médecin via cette même plateforme pour interprétation. « Le gros avantage, c’est que l’on n’a pas besoin d’être sur place pour le faire », conclut le Dr Lauvin, qui se souvient encore des balbutiements de la téléimagerie, et de la manière dont elle a changé le quotidien des praticiens à ses débuts.

Une société bientôt à l’équilibre

 Si l’activité ne se contente pas de répondre à la demande croissante en radiologie dans le Grand Ouest – Alliance Téléimagerie travaille par exemple avec le centre hospitalier de Colmar, en Grand Est –, la société réalise aujourd’hui environ 300 examens par mois, et vise les 1000 examens d’ici l’été 2021. Un chiffre important, puisqu’il permettrait aux actionnaires d’atteindre l’équilibre. « Nous avons recruté 2 personnes : une office manager qui se charge de toute la partie administrative, et un project manager qui fait le lien avec les manipulateurs », détaille Marie-Agnès Lauvin, ajoutant qu’un partenariat a également été mis en place avec la société Imadis, spécialisée dans l’imagerie d’urgence, pour proposer le panel de services le plus large possible. « On y croit, on est sûrs que notre outil est utile, mais il nous faut encore nous l’approprier davantage », ajoute-t-elle, persuadée que l’avenir de l’imagerie sera (en partie) télé- ou ne sera pas.

Par Juliette Lécureuil

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