Cliquez iciCliquez iciCliquez ici

T’as vu le préfet, c’est une femme !

Régine Engström fait exception à triple titre. Elle est la première femme préfète du Loiret et du Centre-Val de Loire, n’est pas issue du corps préfectoral et pas non plus en fin de carrière. 

Régine Engström a pris officiellement ses fonctions de préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire le 1er mars. 

La parité a encore des terrains à conquérir y compris au sein des services de l’Etat. C’est, en effet, assise sous un panneau affichant « Préfet du Loiret » que s’est présentée à la presse le 1er mars, Régine Engström, toute nouvelle et première femme préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire. Sans s’en offusquer, et en attendant l’impression d’un nouveau panneau, la nouvelle représentante de l’Etat nommée lors du Conseil des ministres du 10 février a répondu aux questions des journalistes. Non sans malice, après plusieurs questions relatives au caractère « exceptionnel » de sa nomination, Régine Engström a fait remarquer que « le fait que l’on pose toujours le même type de questions démontre bien qu’il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre une véritable parité ». 
Bâton de maréchal 
Outre le fait qu’elle soit la première femme à la tête de la préfecture du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, Régine Engström se distingue aussi à deux autres titres. D’une part, en raison de sa formation et de son parcours, car elle n’est ni énarque ni issue du corps préfectoral. D’autre part, en raison de son âge (56 ans) qui la différencie de nombre de ses prédécesseurs dont la nomination au grade de préfet de région récompensait souvent la fin de carrière, à la manière d’un « bâton de maréchal ». 
Le « profil » de Régine Engström illustre parfaitement la volonté exprimée et démontrée à plusieurs reprises par le Président de la République de diversifier et féminiser la haute fonction publique afin qu’elle soit plus représentative de la société. 
La nouvelle préfète de région « cadre » totalement avec cette volonté. Issue de la prestigieuse « École des Ponts », elle a intégré le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts avant d’exercer des responsabilités pendant une vingtaine d’années à la ville de Paris. Elle a notamment dirigé les services de l’environnement et de l’eau de la capitale. 
En relation avec huit ministères 
Après avoir suivi le Cycle des Hautes Études pour le Développement Economique (CHEDE), elle a été nommée en 2016 secrétaire générale des ministères de la Transition écologique et solidaire et de la cohésion des territoires. « Cette expérience m’a permis de bien connaître le fonctionnement de l’Etat, car j’étais en relation quotidienne avec huit ministères », explique-t-elle. 
En fin d’année 2019, Régine Engström a changé de cap pour « passer au privé ». Elle a pris le poste de directrice des partenariats stratégiques et de la responsabilité sociétale et environnementale chez Nexity, l’important groupe de promotion et de services immobiliers. 
« J’ai eu un parcours professionnel non-linéaire, reconnaît-elle. J’ai travaillé aussi bien dans le secteur public que privé, mais je pense que cela n’a pas beaucoup de sens de vouloir opposer ces deux domaines. Ce sont de forces complémentaires dont le pays a besoin pour avancer ». 
Agir sur les choses 
Régine Engström aborde la nouvelle mission qui lui est confiée avec enthousiasme et pragmatisme. « Ce qui me motive, c’est de pouvoir agir sur les choses, de faire avancer les projets, explique-t-elle. J’accorde aussi une grande importance à la relation avec les autres. C’est ce qui reste au-delà des fonctions et des titres », estime-t-elle en disant avoir été touchée par les messages de sympathie reçus de la part d’anciens collègues au moment de sa nomination. 
Régine Engström va consacrer les premières semaines de ses nouvelles fonctions à la découverte approfondie des hommes et des femmes d’une région qu’elle connaît un peu pour avoir séjourné dans le Gâtinais pendant son enfance. Elle s’y installe donc avec plaisir, et « homme et enfants », son mari franco-suédois et ses deux fils. 

Bruno Goupille 

 Titre librement inspiré du livre « Vous avez vu le pilote, c’est une femme ! » de Danielle Décuré, pilote de ligne (Edt Robert Laffont 1992) 

« J’accorde une grande importance à la relation avec les autres. C’est ce qui reste au-delà des fonctions et des titres » Régine Engström

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur email
Envoyer à un ami
Partager sur linkedin
LinkedIn