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Quand les entreprises adaptent leur activité pour produire des équipements de protection individuelle

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© Laboratoires NAO

On sait la période compliquée pour de nombreuses entreprises. Pour éviter de mettre du personnel au chômage partiel et participer à l’effort collectif, certains chefs d’entreprises ont pu adapter leur activité et leur outil de production pour fabriquer des équipements de protection individuelle dont de nombreux corps de métier ont besoin depuis le début de la crise sanitaire.

F&C : le masque du cœur pour remercier les héros du quotidien

Christelle et Florence sont créatrices et fabricantes de maroquinerie à Olivet. De sacs à main et de ceintures personnalisés plus précisément. Leur entreprise, F&C, n’a qu’un an et demi. Confrontées à la baisse de leurs ventes, les jeunes femmes réfléchissent à une réorientation de leur activité. Des entreprises les contactent pour savoir si elles peuvent fabriquer des masques de protection. Ce sera leur salut. « On a mis trois semaines à trouver les bonnes matières premières, commente Christelle Bourgoin, la directrice générale. On voulait suivre les recommandations de l’Afnor et proposer un produit de très bonne qualité. » Le « masque du cœur », comme il a été appelé « pour remercier les héros du quotidien », se compose de trois couches de tissu. Les deux couches extérieures sont en satin de coton, la couche du milieu est un filtre certifié Oeko-Tex. Le masque peut être lavé plus de deux cents fois. Une petite barre métallique intégrée au masque permet de parfaitement l’ajuster au nez. « Depuis mardi, nous avons enregistré mille commandes, de particuliers comme d’entreprises. Nous allons recruter des auto-entrepreneurs pour nous aider à coudre les masques. Lorsque cette crise sera derrière nous, nous reviendrons vers notre activité de base, la maroquinerie. Le « masque du cœur » sera un produit supplémentaire. »

Sur les treize euros du prix de vente, un euro est reversé à l’association Les Blouses roses. « Le côté caritatif de notre démarche est très important. C’est globalement peu mais pour eux, c’est énorme. On veut participer à l’effort collectif. »

 

© F&C

Laboratoires Nao : remobiliser l’outil de production sur un produit unique

Les laboratoires Nao fabriquent des produits cosmétiques. Crèmes, sérums, masques, shampooings, huiles, gels, poudres… Quand la crise sanitaire a débuté, « ça a été une évidence pour nous de participer à l’effort de guerre, d’être utiles, explique Célie Troussard, la présidente de la société située à Saint-Jean-de-Braye. Nous ne nous sommes même pas posés la question. Nous avions déjà une formule de gel hydro-alcoolique (GHA) pour les professionnels de la coiffure et de la beauté et nous avions eu des demandes avant le confinement. J’ai pu compter sur toute mon équipe qui a répondu présente. » L’équipe de production est « une petite cellule », ce qui a permis de mettre facilement en place les gestes barrières. « Ce sont des gestes qui sont globalement déjà en place dans le milieu exigeant de la production cosmétique », ajoute Célie Troussard. Elle réorganise totalement son entreprise et remobilise son outil de production sur un produit unique. « Dès la première semaine, nous avons pu fournir 3000 litres de GHA au Centre hospitalier régional d’Orléans, puis à des Ehpad dans toute la France, à des entreprises qui poursuivaient leur activité… Notre force, c’est de pouvoir fabriquer des petites et des moyennes séries. Nous avons pu servir des cabinets d’avocats, des notaires, comme des grandes entreprises. » À ce jour, c’est l’équivalent de 24 000 litres que la structure a su produire. « Dès que nos clients rouvriront leurs salons, nous serons en capacité de les servir. Nous continuerons la production de gel hydro-alcoolique en parallèle de la fabrication de nos références habituelles. »

Les laboratoires Nao veulent également prendre part au formidable élan de solidarité que la crise a généré : « Nous avons livré du gel hydro-alcoolique à des associations caritatives locales pour qu’elles puissent continuer à prendre soin des plus démunis dans cette période difficile. »

ESM : de l’enseigne publicitaire aux plaques de protection

Chez ESM, spécialiste de l’enseigne à Chécy, c’est une adaptation totale du métier qui a été nécessaire pour maintenir l’activité. « Nous utilisons la matière plastique pour réaliser nos enseignes, expose Fabrice Galvez, le directeur de la société. Dès le premier jour de la crise, je me suis demandé comment je pouvais poursuivre l’activité et ne mettre aucun de mes salariés au chômage partiel. Nous travaillons essentiellement avec des banques et des pharmacies qui sont restées ouvertes pendant toute la durée du confinement et j’ai rapidement reçu une demande d’un client qui me demandait si nous pouvions l’aider à aménager son local. » Le 17 mars au matin, les premiers prototypes étaient prêts. Kits de marquage au sol, plaques sanitaires et d’affichage obligatoire, film anti-bactérien : ESM se met à fabriquer du matériel pour transformer les agences et les locaux de ses clients afin que la sécurité de tous y soit assurée. « Au départ, nous répondions aux demandes de nos clients puis ça a pris de l’ampleur. Nous recevons des demandes de partout, principalement de banques, mairies et cabinets médicaux. »

par Estelle Cuiry

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