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Martin Pouret, suave mutation

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Le fabricant de vinaigres orléanais, Martin Pouret, change de propriétaire, mais garde l’artisanat chevillé au corps. Les deux repreneurs veulent faire de ces produits d’exception un étendard pour la métropole orléanaise.

Certains disent qu’avoir repris une entreprise à la veille de la crise sanitaire était la pire des situations. Ce n’est certes pas confortable, mais certains s’en accommodent plutôt bien. C’est le cas d’Olivier Claudepierre et de David Matheron qui ont acheté le vinaigrier orléanais Martin Pouret fin 2019. Créée en 1797, cette entreprise familiale fabrique et vend des produits vinaigrés, des condiments, moutardes et assaisonnements. Elle reste la seule des trois-cents vinaigriers présents à Orléans au 19ème siècle, à perpétuer la tradition.

Les deux repreneurs ne cachaient pas alors leurs ambitions : créer de nouveaux produits, ouvrir des partenariats de distribution et faire ainsi rayonner le nom et l’image d’Orléans.

Ils avaient pour cela, en septembre dernier, sollicité et obtenu l’accompagnement de BPI Centre. Un « prêt croissance TPE » allait leur permettre d’augmenter leur fonds de roulement, de se développer et de mener à bien leurs nombreux projets.

« On s’en sort plutôt bien, observe Olivier Claudepierre. Nous serons sans doute portés par la tendance du consommer mieux et plus responsable, avec l’étiquette made in France ».

La grande distribution elle-même favorise les produits locaux, plus encore que le Bio. La marque Martin Pouret est entrée il y a peu chez Monoprix, ce qui compense les épiceries fines et les restaurants qui eux, avaient pour beaucoup fermé leurs portes. « Demain, nous serons présents dans 150 points de vente avec cinq références, dont les cornichons français ».

La bonne nouvelle c’est le cornichon !

A propos des cornichons, la bonne nouvelle c’est que Martin Pouret veut développer la filière de production en Loiret. L’entreprise travaille déjà avec la coopérative de Pithiviers. « Cet été on lance une première campagne », ce qui fait évidemment plaisir au président de la Région François Bonneau, et sa signature « © du Centre ». « Nous sommes dans un paradigme du changement, explique-t-il, y compris pour la production agricole. L’initiative de Martin Pouret est importante pour une région industrielle et agricole comme la nôtre ».

Les efforts de la marque semblent déjà payer puisque Martin Pouret est en passe d’avoir le label « Origine France Garantie ». « Une façon de dire qu’on est bon, à tous les sens du terme », s’amuse Olivier Claudepierre.

Ajoutons à cela, l’opération GoodFrance / Goût de France, qui associait des chefs étoilés, les ambassades de France dans le monde, et les producteurs de la région centre. Cette opération qui devait se dérouler tout au long de l’année 2020 est reportée en 2021. « Nous sommes malgré tout en contact avec le chef doublement étoilé Christophe Hay, étoile montante de la gastronomie française, et guillaume Gomez chef de l’Elysée, poursuit Olivier Claudepierre. Nous leur faisons parvenir certains de nos produits que nous espérons voir un jour à leur table. Nous pouvons aussi compter sur notre député Richard Ramos avec qui nous pensons monter une opération de communication ».

 Au pays du soleil levant

Et comme si tout cela ne suffisait pas, il reste l’export, qui certes a pris du retard ces derniers mois, mais dont l’entreprise ne compte pas se détourner.

Deux destinations privilégiées : le Japon et les Etats-Unis. Il est prévu de proposer au marché japonais, un vinaire d’exception de 20 ans d’âge. Les gourmets apprécient là-bas le Gyoza, petit ravioli que l’on trempe dans le vinaigre. Martin Pouret trouverait ainsi sa place sur un marché presque naturel, et plus encore puisqu’Orléans est jumelée avec Utsunomiya. « Ce vinaigre d’exception est semblable à un cognac XO, aux couleurs et aux complexités incroyables, poursuit David Matheron. En en parlant avec des chefs, on est aussi venu à l’idée qu’une simple goutte de ce breuvage sur une huitre ferait merveille chez nous » !

  • Martin Pouret a été sélectionnée au pays du Soleil levant par le magasin Isetan, équivalent du Bon Marché. L’opération est en standby, reportée sans doute au mois de septembre.
  • Le marché américain est lui aussi en ligne de mire. « Nous l’attaquerons par la Nouvelle Orléans, avec laquelle nous avons bien sûr tant à partager ».

L’usine de la rue du Faubourg Bannier fonctionne à donc plein et produit les meilleurs crus. Mais cet endroit originel manque de place, et la question du déménagement reste bien présente. Les deux associés se veulent rassurants : « Ce sera à Orléans bien entendu » !

Par Stéphane de Laage

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