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Les GPA font école

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Présentation du partenariat entre GPA Centre-Val de Loire et l’URSSAF

Les Groupements de Gestion agréés, nés en Région Centre il y a dix ans, font aujourd’hui école dans l’hexagone. François Asselin, Président de la CPME et Renaud Muselier, Président des Régions de France, se sont entendus pour qu’il en soit créé partout en France pour venir en aide aux entreprises en difficulté.

En 2008, alors que sévit la crise des Subprimes, Patrice Duceau, alors président de la CPME Région Centre et juge au tribunal de commerce, fait naître le premier GPA. Il se rappelle ainsi au bon souvenir de l’article 611-1 du code de commerce, qui prévoit qu’une entreprise en difficulté peut faire appel aux experts bénévoles du Groupement de Prévention pour étudier et redresser la situation. Mieux encore, le GPA est légitime pour conclure des conventions au profit de ses adhérents, notamment avec les établissements de crédit, les sociétés de financement et les entreprises d’assurance. Avec la bénédiction et l’appui de l’Etat et de ses organismes déconcentrés, le GPA fait en sorte d’éviter le redressement judiciaire. « Le passage au tribunal est une peine extrêmement lourde et difficile à vivre pour le chef d’entreprise, explique Constant Porcher, administrateur du GPA du Loiret et président de la CPME du Loiret. Il voit son outil de travail, et souvent sa création s’évanouir. Il faut à tout prix éviter cela ».

 

Lanceurs d’alerte

Et pour cela justement, les bénévoles des GPA entrent en action. Aujourd’hui retraités, ils étaient chefs d’entreprises, cadres dirigeants, avocats, notaires ou comptables. Ces experts de l’environnement proche de l’entreprise, transmettent gratuitement leur expérience, leur savoir et leurs compétences. Ils se rassemblent deux fois par semaine pour étudier les dossiers sensibles. « Le plus fort, poursuit Patrice Duceau, est que tous les acteurs sont devenus lanceurs d’alerte pour permettent de détecter les signes de faiblesses dans une entreprise ». Au premier rang l’URSSAF, la Banque de France, les banques elles-mêmes, la DIRECCT, la DGFIP et tous ceux qui habituellement sont la bête noire des entrepreneurs en délicatesse ! En cas de difficulté ou de retard de paiement, ils avertissent le GPA qui peut prendre les choses en main.

« Très vite, ces acteurs ont compris qu’il fallait jouer collectif pour un projet gagnant / gagnant », se souvient encore Patrice Duceau. Et si après avoir étalé les dettes, remis les compteurs à flots, réorganisé le carnet de commandes, il manque de l’argent, le GPA se tournent vers ses autres partenaires au premier rang desquels le réseau Initiative qui gère des fonds dédiés, dont celui de la revitalisation.

 

Partenaires

La CPME était bien sûr partenaire de la première heure. En 2016, la loi NOTRe a permis au président de la Région Centre Val-de-Loire, François Bonneau, d’accepter de poursuivre à l’échelle régionale. Ainsi, la Région finance aujourd’hui le fonctionnement des six GPA, à hauteur de 20.000€ par an et par département.

Jean-Claude Turibe est secrétaire des GPA Centre et président du GPA du Loiret : « Dans cette période sensible, nous sommes aux côtés des entreprises H24, dit-il. On se réparti l’écoute, même en visio. Pour le seul Loiret, 70 entreprises nous ont déjà contactés. Puis par le biais de Dev’Up (NDLR Agence de développement économique de la Région Centre VdL), on ouvre les bonnes portes ».

Ajoutons que l’AGEFICE, qui finance la formation des dirigeants, travaille désormais avec les GPA et finance la formation des experts et des dirigeants en difficulté.

Constant Porcher se veut rassurant dans la tourmente : « en 2019, on a suivi une quarantaine dossiers, dit-il, en ce moment le rythme est d’une trentaine par semaine. Mais l’équipe d’une vingtaine de bénévoles que nous sommes en Loiret, se renforce de jour en jour avec d’autres experts nous rejoignent ».

 

Vite ! partout en France

En Centre-Val-de-Loire, le principe du GPA fonctionne donc bien et c’est peu de le dire. Plus de 2.500 entreprises ont été sauvées du naufrage en dix ans. Si bien d’ailleurs, qu’il avait commencé à faire école dans d’autres régions de France. PACA, mais aussi les Hauts de France, le Grand Est, les Pays de Loire et la région bordelaise ont constitué leurs premiers GPA. Puis au vu de la crise économique qui guette, François Asselin, Président de la CPME et Renaud Muselier, Président des Régions de France, se sont entendus autour de cette initiative pour la développer sur l’ensemble du territoire. 

Le principe devrait être décliné en tous points comme en Région Centre-Val de Loire. Des partenariats similaires se développeront, avec les finances publiques, les préfectures, la Direccte, la Banque de France, l’URSAAF et les DDFIP. « L’important est de ne pas laisser de trou dans la raquette, insiste Jean-Claude Turibe.

Patrice Duceau a créé la « mallette » pour constituer les GPA, confiée aux CPME régionales pour les décliner. « Viendra alors le temps d’une Fédération des GPA de France, pour cimenter l’ensemble et être fort » conclue J.-Claude Turibe.

Par Stéphane de Laage

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