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Le tourisme de savoir-faire va le faire savoir

Pilote national parmi cinq régions, le Centre-Val de Loire a fait l’objet d’une étude sur son potentiel en matière de tourisme industriel, ou de savoir-faire. 267 entreprises proposent déjà des visites, mais il reste des « pépites » inexploitées.

À la différence des lapins en chocolat qui sortent des moules du chocolatier Alex Olivier ; l’étude régionale sur le tourisme industriel n’est pas encore totalement « décoffrée », pour reprendre l’expression de François Bonneau, mais elle s’avère prometteuse, à défaut d’aussi gourmande. Le président du Conseil régional avait choisi la chocolaterie Alex Olivier de Neuville-aux-Bois (Loiret), le 14 mars, pour présenter le résultat d’une étude sur le potentiel du Centre-Val de Loire dans l’exploitation des visites d’entreprises, ou tourisme dit « de savoir-faire ». En tant que région pilote au niveau national, avec quatre autres, le Centre-Val de Loire a bénéficié d’un diagnostic établi par l’association Entreprise et Découverte, lauréate d’un appel à projet. De cette étude conduite en collaboration avec l’agence régionale de développement économique Dev’Up et les instances économiques et touristiques, il ressort que le Centre-Val de Loire pratique déjà assez largement le tourisme industriel avec 267 entreprises qui proposent des visites, dont 131 toute l’année.

« Visites secrètes » dans le Cher

Le sud de la région s’avère d’ailleurs plus dynamique dans ce domaine avec des réseaux de visites organisées comme « Secrets de fabrique » dans l’Indre, et « Visites secrètes » dans le Cher.

Mais la région recèle aussi des « pépites » inexploitées qui pourraient se révéler être de véritables filons. Il s’agit d’entreprises dont la marque ou le savoir-faire possède une puissante attractivité, mais dont les locaux ne sont pas ouverts régulièrement au public. On pense, bien sûr, aux grands noms de la cosmétique, Dior, Shiseido, Guerlain, mais aussi à des références de l’agroalimentaire comme les biscuiteries Saint-Michel de Contres (Loir-et-Cher), ou encore les métiers d’art avec la soierie Jean Roze à Saint-Avertin (Indre-et-Loire).

Paradoxalement, les filières régionales d’excellence comme la cosmétique, la pharmacie, l’agro-alimentaire ou l’automobile pratiquent très peu le tourisme industriel. « Pourtant les retombées peuvent se révéler intéressantes en termes d’image, de chiffre d’affaires et de recrutement », témoigne Catherine, Houvion, la directrice déléguée de la chocolaterie Alex Olivier où des visites sont proposées depuis 2017.

Parcours guidé chez Alex Olivier

L’entreprise de Neuville-aux-Bois a profité de la reconstruction de son magasin d’usine, à la suite d’un incendie, pour aménager un parcours de visite au cours duquel il est possible de suivre chaque étape de la fabrication des confiseries en chocolat. Des salles ont été aménagées afin d’accueillir des groupes où chacun peut confectionner sa propre création sous la conduite d’un chocolatier. Des entreprises l’utilisent régulièrement en séminaire de cohésion d’équipe.

« Après cette étude, qui est une première étape, nous allons organiser un temps fort autour du tourisme de savoir-faire pour convaincre les entreprises de s’y engager et promouvoir une offre régionale », annonce François Bonneau. Des progrès restent encore à réaliser. L’étude révèle, en effet, que moins de 10% des offices de tourisme de la région référencent les visites d’entreprise dans une rubrique dédiée. Le savoir-faire a encore besoin de faire savoir.

Bruno Goupille

 

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