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Le recrutement des cadres a atteint des sommets en Centre-Val de Loire

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Pour séduire les cadres d’Île de France, l’APEC et Dev’Up ont tenu un espace commun au salon Compétences Cadres à Paris en décembre. 

Avec 6 660 embauches en 2019, le recrutement des cadres a progressé de 10% en un an. 7 000 recrutements sont espérés cette année mais la région manque d’attractivité pour certains profils.

Une belle embellie ! Après des années difficiles consécutives à la crise financière de 2008, l’emploi reprend des couleurs en France depuis 2015 et celui des cadres suit la même dynamique. En région Centre-Val de Loire la progression a été particulièrement sensible avec 6 660 recrutements de cadres en 2019, soit une progression de 10% en un an, contre 6% au niveau national. Les prévisions établies par l’APEC (Association pour l’Emploi des Cadres) évaluent à 7 000 le nombre d’embauches de cadres pouvant être signées cette année en Centre-Val de Loire. Toutefois, ces chiffres ont été arrêtés sur la base d’une enquête auprès des entreprises au début de cette année, c’est-à-dire avant la crise sanitaire qui pourrait modifier sensiblement la tendance.

Si l’on regarde de plus près la « typologie » des cadres en Centre-Val de Loire, on observe que les hommes y sont majoritaires, à 66% soit légèrement plus qu’au niveau national (64%). La tranche d’âge la plus représentée est celle de 30-49 ans (57%).

La proportion de cadres travaillant dans l’industrie, 31%, est très supérieure à celle du niveau national (18%), et, à l’inverse, elle est inférieure dans les services (49% en région contre 64% en France).

La répartition géographique des cadres épouse celle de l’activité économique régionale avec une concentration plus importante dans les bassins d’emploi d’Orléans et de Tours, suivis par ceux de Chartres, Blois, Bourges et Châteauroux.

Concernant les perspectives d’embauche, l’APEC a interrogé un grand nombre d’entreprises sur leurs prévisions à court et moyen termes. Il en ressort que 11% des entreprises régionales prévoient d’augmenter leurs effectifs de cadres, majoritairement dans les services (50%), l’industrie (30%) et le commerce (16%).

Les métiers les plus recherchés dans les fonctions d’encadrement portent prioritairement sur le commercial et le marketing (22%), les études et R&D (15%), les services techniques (13%), l’informatique (12%), l’exploitation tertiaire (11%), la finance (9%) et la production industrielle (9%).

Une attractivité régionale à valoriser

Le recrutement de cadres atteint donc des sommets mais l’APEC a identifié un paradoxe. En effet, de nombreuses entreprises se plaignent de rencontrer des difficultés pour faire venir des managers en région Centre-Val de Loire alors même que les profils adéquats existent au niveau national, et à proximité immédiate en Île de France.

Avec plus de 1,3 million de cadres, l’Île de France constitue une réserve conséquente de potentiels pour le Centre-Val de Loire. Un grand nombre de ceux qui ont « franchi le pas » proviennent d’ailleurs de Paris ou des Hauts-de-Seine. Mais seulement 8% des cadres installés en Île de France cite le Centre-Val de Loire comme l’une de leurs régions préférées dans le cadre d’une mobilité professionnelle. En nombre cela suffirait largement à satisfaire les besoins de recrutement régionaux.

Les cadres intéressés reconnaissent de vrais atouts à la région, sa proximité avec l’Île-de-France et la richesse de son patrimoine notamment, mais sont moins convaincus par le niveau d’équipements sanitaires, scolaires et sportifs, le climat, la qualité des infrastructures de transport et les possibilités d’emploi offertes.

Malgré ces points négatifs, 61% des cadres franciliens seraient disposés à choisir le Centre-Val de Loire sous certaines conditions d’évolution de carrière, de possibilité d’emploi pour le conjoint et de qualité de vie.

Afin d’agir sur cette population des « convaincables », l’APEC et Dev’Up recommandent aux entreprises de soigner leur processus de recrutement en mettant en avant le cadre de travail proposé, l’intérêt de l’activité confiée, en particulier le niveau autonomie et la possibilité de télétravail qui sont des critères déterminants pour les futurs embauchés. Un traitement rapide des processus de recrutement ainsi qu’un accompagnement personnalisé du candidat sont également fortement préconisés.

 

Interview d’Anthony Fumard, délégué régional de l’APEC Centre-Val de Loire

« Ne pas s’arrêter au CV mais miser sur l’expérience candidat »

Quel a été l’origine de l’étude sur l’attractivité de la région Centre-Val de Loire que l’APEC a réalisée avec Dev’Up ?

Anthony Fumard : L’idée de cette étude sur l’attractivité territoriale du Centre-Val de Loire est née de réflexions de nombreux chefs d’entreprise se plaignant de ne pas parvenir à recruter du personnel d’encadrement alors même que des profils correspondant aux offres existent, en particulier dans la région toute proche d’Île de France.

Il s’agit donc bien d’un problème d’attractivité et c’est pourquoi nous avons lancé cette étude en association avec Dev’Up, l’agence régionale de développement économique.

Comment cette étude d’attractivité a-t-elle été conduite

Elle s’est déroulée en deux phases, l’une qualitative et l’autre quantitative. L’étude qualitative a été réalisée en juin 2018 auprès de 20 responsables RH d’entreprises de Bourges, Tours et Orléans. Elle a été complétée par des entretiens téléphoniques sur d’autres bassins d’emploi. L’étude quantitative a été administré en septembre 2018 auprès de 1 000 candidats à un poste de cadre inscrits sur le site de l’Apec.fr et résidant soit en Centre-Val de Loire, soit en Île-de-France.

L’étude met en avant l’importance de l’expérience candidat. De quoi s’agit-il ?

On parle d’expérience candidat tout comme on parle d’expérience client ou d’expérience utilisateur. L’idée est de ne pas s’arrêter aux informations exposées dans le CV du candidat mais d’aller plus loin en essayant d’identifier, notamment lors des entretiens, ses motivations profondes, ses envies et ses réticences, ses attirances ou ses rejets. Cette approche va permettre aux entreprises d’ajuster au mieux le discours et leurs offres, et ce faisant de gagner en attractivité auprès des candidats.

Sur quoi l’étude d’attractivité a-t-elle débouché et y aura-t-il d’autres initiatives conjointes entre l’APEC et Dev’Up ?

L’étude d’attractivité a débouché très concrètement sur une action conjointe en décembre dernier lors du salon Compétences Cadres de l’APEC à Paris. Nous avons tenu un stand commun avec Dev’Up en mobilisant 25 entreprises à la recherche de cadres. Cela a été un grand succès. Sur les 3000 visiteurs du salon nous avons recueillis plus de 700 candidatures de cadres intéressés par un projet professionnel ambitieux dans un cadre de vie de qualité.

D’autres initiatives de ce type sont à l’étude pour 2020.

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