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Le canal d’Orléans, futur eldorado touristique du Loiret

Marc Gaudet, président du Conseil départemental du Loiret, indique le tracé du canal d’Orléans.

 

Propriétaire du canal d’Orléans depuis novembre 2021, le Conseil départemental du Loiret engage d’importants investissements pour le réhabiliter et le transformer en axe touristique majeur.

S’acheter un canal, quelle drôle d’idée ! Elle trottait pourtant dans la tête des présidents du Conseil départemental du Loiret depuis de nombreuses années. « On en parlait déjà du temps d’Eric Doligé (président de 1994 à 2015, Ndlr) » s’exclame Marc Gaudet, l’actuel président du département. Creusé à la fin du 17ème siècle pour relier les canaux du Loing et de Briare à la Loire, le canal d’Orléans a été exploité pendant le 18ème siècle pour acheminer bois, charbon et vin. À l’époque, jusqu’à 2000 bateaux par an remontaient la Loire depuis Nantes pour rejoindre Paris. Mais les transports routiers et ferroviaires signeront l’arrêt de mort économique de la voie d’eau qui sera déclassée en 1954 et entrera dans le domaine privé de l’Etat. Un domaine de 700 hectares s’étirant le long des 78 km du canal avec ses 27 écluses, ses 23 maisons éclusières et ses 14 étangs d’alimentation. Un gouffre financier à entretenir et dont l’Etat s’est débarrassé de la gestion en la confiant au département du Loiret à partir de 1985.

Chasse d’eau en cas de crues

« Tant qu’à en supporter la charge, autant en devenir propriétaires », se disaient les patrons de l’instance départementale. Mais le prix annoncé s’avérait dissuasif. « En 2004, l’Etat en voulait 6 millions d’€, puis 3  millions d’€ en 2010, évoque Marc Gaudet. Finalement, on a transigé à 500 000 € lors d’un passage à Orléans, en 2018, de Gérald Darmanin, alors ministre de Comptes publics. » Il aura fallu encore deux années pour le balisage de 700 parcelles de l’emprise avant la signature de l’acte de vente en novembre 2021.

Désormais propriétaire d’un bel endormi, le Conseil départemental entend bien le réveiller et l’exploiter en visant un double objectif. « Le premier consiste à assurer la sécurité hydraulique en protégeant les populations riveraines, explique Marc Gaudet. Les inondations de 2016 nous ont alertés sur l’intérêt d’utiliser le canal d’Orléans comme une sorte de chasse d’eau en cas de crues. » D’importants travaux de restauration des berges, de curage des déversoirs et de rénovation des ouvrages hydrauliques ont déjà été réalisés. D’autres sont en cours avec l’installation de clapets sur sept écluses et de capteurs de niveau d’eau permettant de mettre en place un système d’alerte aux crues pour ouvrir ou fermer les vannes simultanément.

L’essor du tourisme « fluvestre »

« L’autre objectif vise à développer un projet touristique majeur sur l’axe du canal d’Orléans », poursuit Marc Gaudet. Il s’agit de bâtir une offre de tourisme « fluvestre », contraction de fluvial et terrestre, associant les circuits à vélo, les promenades en bateau et les animations de loisirs. Les travaux de création d’une voie cyclable le long du canal sont programmés jusqu’en 2025 avec l’installation d’une dizaine d’aires de services, le lancement d’appels à projets pour l’exploitation de quatre maisons éclusières, tandis que la société Seasonova a été retenue pour redynamiser les campings de l’étang des Bois et de l’étang de la Vallée.

Au total, ce sont plus de 50 millions d’€ que le département du Loiret investit pour la renaissance du canal d’Orléans. Sachant que les retombées économiques de la Loire à vélo, dont le département a été à l’origine de l’idée, sont estimées à 30 000 € par kilomètre et que le circuit du « Loiret au fil de l’eau », associant les canaux d’Orléans, de Briare, du Loing et la Loire pourra totaliser 290 km, le retour sur investissement pourrait demander moins de six ans. Finalement, pas une si mauvaise affaire de s’offrir un canal !

 

Bruno Goupille

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