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La filière agroalimentaire régionale s’organise pour faire face aux achats massifs

Antartic 37 (2)

Le conditionnement de liquides alimentaires représente un secteur important en Centre-Val de Loire. Ici, l’usine Antartic de Saint-Martin d’Abbat (Loiret)

Les 327 entreprises de l’agroalimentaire implantées en région Centre-Val de Loire ont pris des dispositions pour assurer le maintien de leurs volumes de production en toute sécurité sanitaire.

Alors même que le forum régional de l’alimentaire, qui devait avoir lieu le 24 mars à Orléans, a été annulé pour cause de confinement, la filière des industries agroalimentaires de la région Centre-Val de Loire s’organise pour répondre à une demande en forte hausse. Le réflexe de stockage de denrées alimentaires par les particuliers s’est traduit par une augmentation de plus de 10% des achats dans les grandes et moyennes surfaces (GMS) de distribution, avec une ruée sur les pâtes, la farine, l’huile et les conserves.

Le président de l’Association Régionale des Entreprises de l’Agroalimentaire (AREA), Thierry Dubois, par ailleurs directeur général de l’entreprise de conditionnement de salades « les Crudettes », a fait savoir dans un communiqué que « toutes les mesures sont prises par les industriels pour assurer la continuité dans la durée de la chaîne alimentaire et aussi de rassurer tous les salariés de la filière ».

En région Centre-Val de Loire, l’industrie agroalimentaire représente 327 entreprises qui font travailler près de 12 000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 4,5 milliards d’euros. On n’y trouve pas de fabricants de pâtes mais la plus importante boulangerie industrielle de France, Barilla-Harry’s à Châteauroux (Indre), la biscuiterie Saint-Michel à Contres (Loir-et-Cher) et de grands conditionneurs de liquides dans le Loiret comme la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, Orangina à Donnery, ou Antartic à Saint-Martin-d’Abbat.

Mesures d’hygiène renforcées

Le président de la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, Emmanuel Vasseneix, ne notait pas de problèmes particuliers de livraison de matière première au milieu de la première semaine de confinement. Il craignait éventuellement des restrictions de circulation ou une indisponibilité plus importante du personnel si jamais la contagion venait à s’étendre de façon massive.

Déjà particulièrement drastiques dans l’industrie alimentaire, les mesures d’hygiène ont été renforcées face à la menace sanitaire.

« Comme tous les chefs d’entreprise, les dirigeants des industries de l’agroalimentaire ont une obligation de résultat en termes de sécurité pour leurs salariés », rappelle Thierry Dubois.  Dans le contexte actuel, toutes les mesures ont été prises pour pouvoir continuer à produire en assurant la santé de chacun :

  • prise de température à l’entrée dans les locaux
  • mise à disposition de tous les moyens d’hygiène de façon approprié : savon, gel hydroalcoolique, masques…
  • renforcement des activités de nettoyage au quotidien : sanitaires, locaux sociaux, poignées de portes, rampes d’escalier, machines à cafés, claviers d’ordinateur, téléphones …
  • modification des organisations de travail afin de limiter les croisements et permettre la mise en place effective de la « distanciation sociale »
  • enfin, de gros efforts de pédagogie auprès de tous les personnels afin que ces mesures barrières deviennent des réflexes au sein des entreprises, et plus largement dans les familles des collaborateurs. »

En mode gestion de crise

Toutes les entreprises de l’agroalimentaire ont mis en œuvre des plans de continuité de l’activité et travaillent en mode gestion de crise. Les risques de pénurie semblaient écartées après les premières jours de ruées dans les magasins, mais les industriels de l’alimentaire sont dépendants d’une chaîne dont ils ne peuvent maîtriser tous les maillons. Au début de cette chaîne figurent les agriculteurs qui fournissent la matière première, mais aussi les transporteurs, les grossistes, les prestataires qui assurent la maintenance des machines, les laboratoires qui contrôlent le respect des normes qualitatives et sanitaires, et aussi les services de nettoyage des vêtements de travail, les fournisseurs de pièces détachées…etc. Or, comme chacun sait, la force d’une chaîne ne tient qu’à son maillon le plus faible… Par exemple, et tant au niveau national que régional, les professionnels de la filière agroalimentaire déplorent le fait de ne pas être reconnus comme prioritaires pour l’attribution de masques d’hygiène.

Quoi qu’il en soit, le président de l’industrie alimentaire régionale se félicite que la crise sanitaire ait fait prendre conscience au consommateur-citoyen de l’importance d’un « secteur alimentaire fort et indépendant ».

BG

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