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Filière pharma en Touraine, comment rester à la pointe ?

filiere pharma

 Fabien Riolet, directeur de Polepharma ; Philippe Briand, président de Tours Métropole ; Marie-Claude Viaud-Massuard, co-fondatrice de McSaf ; François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire et de DEV’UP             © Photo Dev’Up

1100, c’est le nombre d’emplois créés par la filière pharmaceutique en Centre-Val de Loire ces 5 dernières années. Un chiffre qui en dit long sur la place occupée par l’industrie du médicament au sein de l’économie régionale : de Novo Nordisk aux laboratoires Servier en passant par Merck, Sanofi et Delpharm, ce sont au total 59 établissements pharmaceutiques qui font de la région le troisième vivier de production de médicaments français.

Les biotechnologies, filière d’avenir

Depuis quelques années, une dynamique particulière a été impulsée à travers la production de biomédicaments, que l’on distingue du reste de la pharmacopée parce qu’ils sont issus du vivant – la région Centre-Val de Loire est plutôt un bassin de chimie. Considérées comme les médicaments de demain, ces biotechnologies  représentent un enjeu économique considérable pour le territoire.

Un investissement massif a déjà été réalisé pour l’implantation du Bio3 Institute, sorte de mini-usine des biotechnologies au sein de l’Institut des métiers et des technologies des produits de santé (IMT), soutenu par l’État, l’université de Tours, la région Centre-Val de Loire, la métropole, le conseil départemental et la fondation Philippe Maupas. Ce projet permet aujourd’hui de former des étudiants aux métiers des biotechnologies, et contribue à l’épanouissement de la filière. L’effort, selon Philippe Briand, président de Tours Métropole Val de Loire, est justifié : « Nous devons faire montre d’énergie pour rester dans le peloton de tête. ». Même état d’esprit chez François Bonneau, président de la région, qui estime qu’il faut « un environnement porteur » pour faire face aux évolutions de la filière pharma.

Si l’offre de formation est désormais adaptée, la production de biomédicaments dans la région est encore trop faible. Pour Stéphane Riolet, directeur général du cluster pharmaceutique Polepharma qui anime un réseau d’entreprises pharmaceutiques réunies autour des thématiques de la bioproduction, mettre un coup d’accélérateur est indispensable. « La France doit être capable de produire ces biomédicaments sur le territoire pour rester compétitive ». Le problème selon lui, c’est que les usines classiques n’ont pas les capacités en recherche et développement (R & D) pour le faire.

Healthtech Station, un tremplin biotech

Même constat chez Samuel Dominique, dirigeant d’Heritage Consulting, qui ajoute qu’en l’absence de production par les gros laboratoires, « l’écosystème est centré sur des start-ups qui assurent la R & D et leur apportent des solutions ». Pour les préparer à être intégrées à des grands groupes, Samuel Dominique porte auprès d’investisseurs privés le projet « Healthtech Station » (HTS), un incubateur biotech implanté en plein cœur de Tours.

Fort d’un investissement de 16 millions d’euros, ce projet de bâtiment sur 5 étages à la place des casernes Beaumont et Chauveau devrait voir le jour d’ici fin 2020. Un immeuble de 5300 m2 devrait sortir de terre, dans lequel 2300 m2 seront entièrement dédiés aux biotechnologies avec des bureaux, des laboratoires et du matériel de pointe. Un incubateur devrait même pouvoir accueillir des start-ups biotech en développement, qui bénéficieront d’un programme d’investissement d’avenir (PIA) de filière, soutenu par la région.

Des start-ups comme MAbsilico, lauréate du concours d’innovation de Bpifrance i-Nov hébergée par l’Inra et spécialisée dans le développement d’anticorps grâce à l’intelligence artificielle, ou McSAF, actuellement hébergée dans les locaux de l’université de Tours et qui conçoit des technologies permettant de produire des immuno-conjugués, devraient pouvoir y trouver leur place. McSAF, en plus d’y être accueillie, pourrait être une véritable cheville ouvrière du HTS, puisque son PDG Didier Massuard fait partie des investisseurs privés qui soutiennent le projet. Au total, 58 projets ont  été identifiés sur le territoire comme potentiellement intéressants : de quoi assurer le futur de la filière.

Juliette Lécureuil

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