En Loir-et-Cher, le naturel revient au galop

Le Conseil départemental du Loir-et-Cher renforce sa politique de préservation des espaces naturels sensibles en multipliant les initiatives en faveur de la biodiversité. Des animations lui sont consacrées du 7 mai au 7 juin.

Les zones humides constituent d’irremplaçables réservoirs de biodiversité.

Avec une surface boisée qui couvre le tiers de sa surface, le Loir-et-Cher peut revendiquer le titre d’espace naturel. Le conseil départemental souhaite aussi se positionner comme le défenseur et protecteur des espaces naturels sensibles, ces territoires abritant une flore ou une faune menacées. « Il ne s’agit pas d’un phénomène de mode, se défend Louis Redon-Colombier, vice-président en charge de l’environnement, de la nature, de la jeunesse et des sports. Cette politique en faveur de la biodiversité a été initiée en 2015 par Maurice Leroy, et Nicolas Perruchot, son successeur à la présidence du département, l’a renforcée. »
La nomination d’un vice-président en charge de ce domaine en témoigne avec Louis Redon-Colombier, titulaire d’un doctorat en écologie et enseignant chercheur à AgroParisTech Inrae.
Autre preuve de l’ancienneté de cet engagement : la politique initiée depuis plusieurs années d’acquisition de territoires classés en tant qu’espaces naturels sensibles. Une politique qui se traduit aujourd’hui par un patrimoine de 28 sites différents répartis dans tout le département. Un guide répertoriant tous ces espaces protégés a été édité à 5 000 exemplaires, disponible dans les lieux touristiques et téléchargeable sur le site du département.
La grosse sauterelle verrucivore
Entre l’Eperon de Roquezon de la Petite Beauce, ou se cache la grosse sauterelle « dectique verrucivore », et le site de la Grosse Pierre dans la vallée du Cher, paradis des chauves-souris, les curieux de nature disposent d’un vaste choix. Ils peuvent visiter ces lieux préservés en suivant des parcours aménagés dans le respect de l’environnement, éventuellement sous la conduite de représentants d’association en charge de la protection du site.
« Notre volonté est à la fois de préserver ces espaces de biodiversité remarquable et de sensibiliser les habitants, notamment les plus jeunes, en faisant œuvre de pédagogie », complète Louis Redon-Colombier.
Le Conseil départemental du Loir-et-Cher est particulièrement satisfait de sa dernière acquisition réalisée en juillet 2020 avec un domaine de 170 hectares au cœur de la réserve nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain, au nord de Blois. Site exceptionnel traversé par la Cisse, alternant marais et pelouses sèches, il abrite des insectes rares et même des sépultures et vestiges archéologiques qui en font la plus grande nécropole néolithique du Centre-Val de Loire.
Le 41 par nature
A proximité se trouve, la Maison de la Nature et son espace muséographique où sont organisés des ateliers nature par le Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement (CDPNE).
Tous ces trésors naturels, et bien d’autres (voir l’encadré) seront ouverts au public pendant le mois de la biodiversité que le Conseil départemental organise du 7 mai au 7 juin prochains.
« Ce sera une première, annonce Jacques Launay, directeur de l’aménagement rural et de l’environnement, car l’opération qui était programmée l’année dernière n’a pas pu avoir lieu en raison de la pandémie. Un programme très complet d’animations, de découvertes, de conférences et d’expositions est prévu pour ce mois baptisé « le 41 par nature » ». En espérant d’ici là un retour à une vie plus…naturelle.

Bruno Goupille

« Notre volonté est à la fois de préserver ces espaces de biodiversité remarquable et de sensibiliser les habitants, notamment les plus jeunes », Louis Redon-Colombier, vice-président du conseil départemental.

640 000 habitantes supplémentaires

Outre les espaces naturels sensibles, le Conseil départemental du Loir-et-Cher conduit de nombreuses autres initiatives en faveur de la biodiversité. Parmi celles-ci figure en bonne place l’acquisition de ruchers en partenariat avec le syndicat des apiculteurs. Un premier rucher aux couleurs du département a été inauguré l’an dernier à Herbault. Quatre autres sont en prévision dans la vallée du Cher, à Lamotte-Beuvron, à Saint-Firmin-des-Prés et à Sargé-sur-Braye.
Sachant qu’un rucher est composé de quatre ruches comptant chacune 40 000 abeilles, la population du département va donc subitement augmenter de de 640 000 habitantes…

Le sonneur à ventre jaune incognito

Si le Loir-et-Cher compte bien 28 espaces naturels sensibles, seuls 27 sont présentés dans le guide officiel car le 28ème recèle une espèce de crapaud répondant au nom de « sonneur à ventre jaune » dont la rareté exige l’anonymat le plus strict.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur email
Envoyer à un ami
Partager sur linkedin
LinkedIn