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CFA de la Chambre des métiers du Loiret : entre inquiétude et renaissance

CMA45

Les journées portes ouvertes du CFA de la Chambre des métiers du Loiret, qui devaient se tenir le 16 mars n’ont pas eu lieu. Elles sont remplacées par une visite virtuelle qui se tient depuis le 24 juin sur le site cfacm45.fr et artisanat.fr.

La productivité des entreprises artisanales et commerciales a été mise à mal. La Banque de France annonce un million de chômeurs en plus d’ici fin 2020. Alors, malgré les annonces du Gouvernement pour rendre l’apprentissage plus attrayant, qu’en sera-t-il de l’embauche de jeunes apprentis en septembre ? Les chefs d’entreprises auront logiquement l’envie de garder leurs salariés qualifiés. Trouvera-t-on un emploi pour les cinq-cents diplômés qui sortiront, et une entreprise d’accueil pour les cinq-cents jeunes qui entreront au CFA ? Une équation à double entrées qui trouvera peut-être une réponse grâce au déploiement des nouvelles technologies.

A toute chose malheur est bon

La digitalisation et l’informatique ont permis au CFA des métiers d’Orléans de suivre un grand nombre de jeunes qui ont télétravaillé, grâce aux 95% d’enseignants qui ont joué le jeu. « On a rapidement établi une veille pour découvrir les nouveaux outils (zoom, Teams, FaceTime), et organiser des formations « flash » pour les professeurs, explique Jerome Kohn, le directeur du CFA. On a ainsi tenu 300 classes à distance ». Des classes auxquels étaient ajouté des outils digitaux pour conserver l’apprentissage des pratiques professionnelles. Les métiers de bouche, la coiffure et même la mécanique ont ainsi poursuivi le cursus avec un taux de participation de 50 à 90% ! Raphael Perrier, champion du monde de la coiffure n’y est pas étranger, il a organisé des cours en live, et autorisé le CFA à y prendre part !

« L’investissement des jeunes, de leurs parents et des profs a été sidérant, observe Jérôme Kohn, et nous a montré que le confinement instaurait de nouvelles règles familiales. Des familles qui ont réappris à vivre ensemble, à être attentif les uns aux autres ».

Trente apprentis sur mille ont malgré tout totalement décroché. Souvent en grande difficulté, ils ont été soutenus avec WhatsApp ou Messenger. Et cela continuera jusqu’aux congés d’été. Les jeunes en difficultés ont été invités à venir au CFA quatre fois d’ici fin juillet pour une reprise en main individuelle. « Pour cela, on a revu la jauge des équipements et des salles de conférence ».

Accélérateur de modernité

Depuis deux ans déjà le CFA cherchait à favoriser les cours à distance. « Le confinement n’a fait qu’accélérer ce que nous appelions de nos vœux depuis longtemps. Nous sommes en permanence sur des projets, avec une technologie et une pédagogie innovante ».

Le CFA s’attelle maintenant à un nouvel ordonnancement du travail pour capter les jeunes. Création de visites virtuelles de l’entreprise, création d’une e-intervention du CAD-Orientation pour aller chercher les jeunes qui ne sont plus, ni dans les collèges ni dans les forums. Création aussi d’un service d’outplacement pour replacer les jeunes qui n’ont plus de poste dans les entreprises. Enfin, visite virtuelle de l’établissement à 360° par les pôles de métiers, avec l’intervention de chaque professeur qui « vendent les valeurs ajoutées du CFA ».

C’est un peu le CFA du futur qui se dessine, mi distentiel mi présentiel, avec l’acquisition d’équipements connectés pour la cuisson ou pour la peinture automobile à colorimétrie numérique, les chariots d’assaisonnement, les miroirs connectées en coiffure et en esthétique et des plateaux de prise de vue pour chaque pôle. 30% de jeunes ont ainsi des parcours individualisés.

Alors si la moitié des profs sont favorables à cette hybridation, le risque ne serait-il pas de maintenir le digital pour faire des économies, s’interrogent l’autre moitié ? 

« Non, on ne substitue pas le présentiel, insiste Jérôme Kohn. Le maitre d’apprentissage revient même au cœur de sa fonction : l’accompagnement pédagogique. La distanciation suppose d’ailleurs des matériels coûteux et des salles adaptées, donc, non ce n’est pas pour l’économie ».  

Par Stéphane de Laage

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