À la Bouillie, imaginer un lieu de nature et de pédagogie

© Choreme-F. et G. Morisseau – Illustration non contractuelle
Publi-Information

Chantier phare d’Agglopolys, l’ancien quartier de la Bouillie – dont la désurbanisation est en passe d’être achevée – devrait laisser place à un nouvel espace de promenade et de détente dans les années à venir. Zoom sur ce projet d’envergure mettant en lumière les risques qui pèsent sur certaines communes françaises, fortement menacées par les eaux en cas d’inondation.

Environ 150 foyers y vivaient encore il y a une quinzaine d’année : le quartier de la Bouillie, situé à cheval sur les communes de Blois, Vineuil et Saint-Gervais-la-Forêt, a commencé à inquiéter dans les années 80 en raison de sa proximité avec le quartier Vienne. « En cas de crue, le premier aurait été complètement noyé par les flots, et les constructions auraient constitué des projectiles qui seraient venues percuter la digue protégeant le second » raconte le président de la Communauté d’agglomération de Blois, Christophe Degruelle. Selon ses mots, les constructions érigées sur cette zone inondable résultaient de l’entre-deux-guerres, période au cours de laquelle les règles d’urbanisation étaient moins strictes et les risques liés aux crues, pas toujours pris en compte. « On avait perdu la mémoire du fleuve et de l’inondation », ajoute-t-il, précisant que le rôle du déversoir de la Bouillie est précisément de limiter le débit de la Loire en cas de montée des eaux.

Après la désurbanisation…

Si le projet de désurbanisation est unique, c’est donc par sa nature : « Quand on l’a lancé, le public découvrait que l’on pouvait mener un tel processus », se souvient celui dont le troisième mandat à la tête d’Agglopolys devrait porter la transformation du lieu. Car après les phases successives qui ont jalonné la déconstruction – pour laquelle il a fallu accompagner les familles sur les plans humain et financier, mais aussi régler les détails techniques liés à la destruction des bâtiments et à l’évacuation des gravats – c’est une ère de réappropriation de la zone actuellement quasi-déserte qui s’ouvre. « Aujourd’hui, ce que l’on voit quand on arrive à Blois depuis le Sud ! est incompréhensible : on traverse des zones pavillonnaires et commerciales avant d’arriver dans un espace vide, comme un paysage de guerre où la nature commence à reprendre ses droits », décrit Christophe Degruelle, pourtant convaincu que le paysage est un enjeu majeur de l’attractivité touristique et de l’amélioration du cadre de vie.

… un quartier en devenir

Pour cette raison, Agglopolys a ouvert une consultation citoyenne, proposant aux habitants de la Communauté d’agglomération de consulter les hypothèses d’aménagement établies par le cabinet de concepteurs-paysagistes Chorème. Au coeur du programme ? Des espaces naturels, agricoles et de loisirs, largement dédiés à la promenade, aux mobilités douces et à l’observation de la nature et du patrimoine. Mais aussi, et l’ambition correspond au fil conducteur du projet, à la pédagogie autour du fleuve. Panneaux explicatifs, itinéraires découvertes, étalons des crues… En la matière, les propositions sont nombreuses. « Ce que l’on souhaite, c’est recréer un paysage à la fois urbain et naturel, mais aussi de parler aux visiteurs du fil de l’eau et de la complexité du fleuve », explique Christophe Degruelle, pour qui la compréhension de la Loire est l’un des éléments phares de cette phase de réaménagement. Il l’espère, le nouveau quartier de la Bouillie permettra aux citoyens de comprendre ce qu’est un déversoir, en quoi consiste le risque inondation, pourquoi la désurbanisation de la zone a eu lieu et ce qu’elle a permis d’éviter. « Si certains évènements dramatiques nous rappellent qu’il est réel, on oublie très vite quand cela n’arrive pas chez nous », déplore le président d’Agglopolys, citant par exemple les conséquences désastreuses de la tempête Alex dans la vallée de la Roya l’année dernière, ou les dégâts causés par Xynthia à La Faute-sur-Mer en 2010.

Le paysage comme identité

Les citoyens sont invités à donner leur avis sur le programme afin, non seulement de l’enrichir, mais aussi d’en faire leur projet. « On est très demandeurs de retours, car c’est une transformation qui doit être appropriée », confie Christophe Degruelle, pour qui faire cas du paysage revient à impliquer l’ensemble des administrés dans un projet collectif. « La Convention européenne définit le paysage comme ‘une partie de territoire telle que perçue par les populations’, et nous voulons donner corps à cette définition », affirme celui qui, au terme du chantier, espère voir disparaître le caractère désertique que l’on associe aujourd’hui au lieu.

Pour donner votre avis et enrichir le projet, rendez-vous du 1er au 21 février sur www.agglopolys.fr.


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