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Sport et business : l’économie gagnante

Qu’en est-il des rapports qu’entretiennent les principaux clubs sportifs du Loiret, du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire, avec l’argent et le business ? Comment fonctionnent-ils sur le plan financier ? Qu’est-ce qui motive un chef d’entreprise à devenir partenaire d’un club sportif ?
Autant de questions que nous avons posées aux dirigeants des clubs qui mobilisent les budgets les plus importants sur nos trois départements, et à certains de leurs partenaires. Ils répondent en toute transparence en livrant les chiffres et les explications.
Au final, de ce match entre sport et argent, l’économie sort gagnante.
(Extraits du dossier de l’Epicentre de juin 2021 à retrouver intégralement dans les éditions PDF)
Dossier réalisé par Stéphane de Laage

TVB, gloire et constance

Nathalie Henault, responsable marketing du TVB

Nathalie Henault est responsable du marketing du TVB, le Tours Volley-ball. Un club qui évolue au plus haut niveau depuis bientôt trente ans. En 1993, le président d’alors Philippe Berthelot, choisit de professionnaliser le TEC, Tours Etudiant Club, qui existe lui, depuis les années 1960. Que de chemin parcouru, avec un nombre édifiant de victoires au plus haut niveau. Dix coupes de France masculines, huit titres de champion de France et deux titres de coupe d’Europe. « Bien entendu, rien ne serait possible sans les partenaires financiers », reconnait Nathalie Henault. La « machine » est imposante.  Depuis septembre dernier, elle s’est même restructurée pour optimiser la gestion de son budget qui avoisine les 2,5M€. L’association s’est donc doublé d’une SAS pour gérer l’équipe professionnelle, avec ses douze joueurs (salaire moyen : 4.000€ net), les cinq entraineurs, directeur et secrétariat, ainsi que le centre de formation.
« Ce centre est un point tout aussi essentiel que l’équipe pro elle-même, convient Nathalie. Une douzaine de jeunes espoirs y sont suivis, tant sur le terrain que dans leurs lycées. Ils sont l’avenir du Volley français ».
180 entreprises partenaires
Dans le Palais des sports de Tours, quand les 3.200 places ne sont pas occupées, le TVB accueille aussi les joueurs de 4 à 80 ans. Du babby au soft-Volley, c’est aussi là que se joue la valeur d’un sport, par les adeptes qu’il sait accompagner.
Les entreprises partenaires ne s’y trompent pas. Le portefeuille du TVB en compte 180 qui participent de quatre mille à soixante-mille euros. « Les valeurs de ce sport sont particulières, poursuit Nathalie Henault. Pas de contacts, respect scrupuleux de l’arbitrage et de l’adversaire, un sport technique, esthétique et même élégant. Des valeurs dans lesquelles se retrouvent souvent les dirigeants, à commencer par les plus modestes des PME et TPE qui s’engagent ». Ces dirigeants vont partager des matches dans les gradins, des soirées partenaires, et bien sûr un réseau conséquent.

L' ADA Blois double son capital et ses ambitions

Julien Monclar, manager général de l’ADA Blois

Julien Monclar est manager général pour l’ADA Blois. Contrairement à sa « grande sœur OLB » qui est une SEM, société d’économie mixte, l’ADA est constituée en société anonyme. Une SA dont l’actionnariat est résolument privé, essentiellement constitué d’entreprises. Le budget annuel de 2,5M€ est assuré par ces partenaires bien sûr, mais aussi par les subventions qu’apportent les institutionnels : ville de Blois, département et région, ainsi que les marchés de prestations avec Agglopolys. Il y a cinq ans, le club s’assigne l’objectif de parvenir dans le cercle très fermé des 20 premiers clubs professionnels de France. L’équipe première joue aujourd’hui en ProB, l’antichambre de l’élite nationale. Une marche importante a donc été franchie. « Mais on ne grandit pas que sur le parquet, explique Julien Monclar. Pour construire une vision d’avenir, il faut se créer des leviers de progression et avoir un projet structurant ». Le basket blaisois ne manque pas d’ambition, c’est l’une de ses qualités ; il a placé la barre très haut en travaillant à la création de son centre de performance. « Mieux que formation, je tiens à l’idée de performance, poursuit Julien. Car à lui seul, le mot coche beaucoup de cases ».
5 M€ pour le futur centre de performance
A quelques encablures du Jeu de Paume où se trouve la salle habituelle de l’ADA (2.339 places), le projet du nouveau centre s’échafaude sur la friche Alkopharm. Un projet qui mobilisera près de près de 5M€, dont 1,6M€ apportés par l’ADA lui-même. « Le tour de table est en cours, explique Julien, les permis de construire aussi. L’idée est de l’ouvrir à la rentrée 2023 ». Pour cela, l’ADA va doubler son capital qui passera de 250 à 500K€. Formation, hébergement, entrainement, toutes les pièces constitutives du basket professionnel et amateur seront assemblées là-bas, avec l’objectif de grandir au sein des meilleurs.

L' OLB soigne son Label Argent

Didier Nourault, président du directoire de l’OLB

Etre président d’un club professionnel, c’est avant tout être chef d’entreprise. Didier Nourault parle en connaissance de cause. Cet ancien entraineur de rugby est aujourd’hui président du directoire de l’OLB, Orléans Loiret Basket, équipe professionnelle qui évolue dans le championnat de France Jeep Elite.
Puisqu’on parle business, commençons par là. L’OLB, c’est un budget de 4,2M€, dont 1,5M€ provient de la ville d’Orléans, ainsi que de la métropole, du conseil départemental et de la région. A ce titre, l’OLB a la structure d’une SEM, une société d’économie mixte. (A noter que trois élus municipaux siègent parmi les six membres du conseil de surveillance de l’OLB). Le reste du budget est apporté par des partenaires privés, autrement dit, des entreprises. Si le budget impressionne, il n’est pourtant que le quatorzième des dix-huit équipes en lice. « Avec ça, il faut payer les salaires des joueurs de l’équipe première, ceux du staff, les opérations marketing, la logistique (déplacements, hôtels et repas), ainsi que le fonctionnement du centre de formation », explique Didier Nourault.
200 entreprises partenaires
Le cercle des partenaires compte peu ou prou deux-cents membres. Si le ticket d’entrée est de 3.000€, certains participent à hauteur de 100.000€, et parfois plus. Du logo sur le maillot (l’image la mieux exposée), à l’achat de places « sèches » ou VIP, les panneaux LED sur les bords du terrain, chacun y trouve son compte.
Pour gérer ces rentrées, et les sorties parfois, le DAF et le responsable des opérations sportives sont à la manœuvre. Subventions, partenariats, prestations de services, ou invitations dans les tribunes, sont autant de subsides qui alimentent les caisses, ou permettent des échanges qui font fonctionner le club. Dans cet exercice, il est reconnu que l’OLB compte parmi les clubs les mieux structurés de sa catégorie ; à ce titre, il a le label Argent décerné par la Fédération Française de Basket.
« Le basket n’a pas de droits TV, rappelle Didier. Les droits administratifs et d’inscription aux matches représentent pourtant 200.000€, et la ligue ne nous verse que 40.000€ pour cela. A nous d’assurer le reste ».

Les ressorts d'un sponsor

Didier Burban, chef d’entreprise partenaire de l’OLB

Didier Burban  est de ces patrons très entiers. Engagé, batailleur, compétiteur et fidèle en amitié, il a le profil type du sponsor. Son groupe, Burban palettes, entre dans le circuit de l’OLB (Orléans Loiret Basket), il y a une douzaine d’années. « C’est un choix personnel, dit-il. Avant d’être un calcul en termes de retombées, c’est l’adhésion à la vie d’un club et à tout ce qui gravite autour ».
Etre partenaire financier, cela donne en effet droit à des contreparties. Il y a la visibilité bien-sûr dans le stade ou le gymnase par les panneaux et les banderoles, les places VIP lors des matches, l’accès à la « troisième mi-temps ». Tout cela a un prix : de l’ordre de 15.000€ au palais des sports d’Orléans pour le package annuel complet. Ajoutez 10.000€ pour avoir votre logo sur les shorts et les maillots.
« Le plus important, ajoute Didier Burban, reste le relationnel que cela génère. On tisse des liens forts avec un tas de gens et d’entreprises ». Etre acteur au sein d’un club, c’est l’ouverture d’un formidable carnet d’adresses, celui que constituent les sponsors. Les dirigeants peuvent ainsi entrer en contact dans la vie professionnelle. L’enthousiasme vécu dans les tribunes se prolonge dans la vie courante, des amitiés se créent et si affinité, des contrats se signent.
C’est aussi vrai au sein de l’OLB dont la ville d’Orléans est un acteur financier et structurel majeur. Pas d’échange marchandise ou financier avec la collectivité bien sûr, mais le courant passe avec les sponsors aussi, c’est évident.
Si certaines entreprises se contentent « d’acheter » ce ticket d’entrée, d’autre vont plus loin et s’investissent, par altruisme sans doute.

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