L’artisanat régional prend la relance au rebond

Chambre-Metiers-Region-10122020
Gérard Bobier (au centre), président de la chambre de métiers régionale, a présenté le bilan 2020 en compagnie de Gérard Gautier, Premier vice-président régional et président de la chambre de métiers du Loiret, dans l’atelier de poterie de Sandra Gasnier à Epieds-en-Beauce (Loiret)

Désormais régionalisée, la chambre de métiers et de l’artisanat multiplie les initiatives pour rebondir après une année difficile, mais de forte mobilisation. Signe positif : l’apprentissage repart.

Près de 10 000 appels téléphoniques ! Le réseau des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) du Centre-Val de Loire a joué un rôle de « SOS détresse » en 2020 avec la crise sanitaire et les deux confinements. « Ces appels exprimaient le grand désarroi de nos adhérents face à une situation inédite », analyse Gérard Bobier, le président de la chambre régionale. « Beaucoup voulaient savoir comment mettre en place les gestes barrières, à quoi ils avaient droit, comment obtenir un prêt garanti par l’Etat, de quelle façon accéder aux fonds de solidarité, et mille autres demandes ». En pleine situation de crise du premier confinement, le président régional, basé en Touraine, se souvient avoir lui-même procédé à des distributions de masques fournis par le Conseil régional.

Immatriculations en hausse

Pour informer et défendre leurs adhérents, les chambres de métiers ont créé des webinaires, suivis par 320 d’entre eux, et des accompagnements renforcés dont ont bénéficié 260 artisans.

Malgré ce contexte difficile, le nombre de nouvelles immatriculations au répertoire des métiers a augmenté en 2020. Sur onze mois, 6 800 immatriculations ont été enregistrées, soit une moyenne de 618 par mois, contre 583 mensuellement l’année précédente. « L’augmentation provient majoritairement de la création de micro-entreprises, explique Gérard Bobier. Il s’agit parfois de reconversions comme à Tours ou 50 anciens salariés de Michelin ont créé une activité artisanale après la fermeture de l’usine ». Plus de 1 000 entretiens « première approche » ont été conduits pour aider les futurs artisans.

Les fleuristes menacés

Le nombre de radiations reste contenu avec 3 500 cessations d’activité sur 11 mois en 2020 contre 4 000 sur l’année 2019. « Nous sommes inquiets pour certains secteurs en 2021, soupire Gérard Bobier. La restauration, bien sûr, mais aussi tous les métiers qui accompagnent l’événementiel comme les fleuristes dont on estime que 15% pourraient disparaître ».

Pour soutenir leurs ressortissants en difficulté, les chambres de métiers ont créé une cellule d’écoute au niveau national. Le réseau met aussi en avant tout le dispositif d’aides financières déployé par les pouvoirs publics et les instances régionales. De gros efforts sont réalisés pour accélérer la transition numérique (lire ci-dessous).

 Le sursaut de l’apprentissage

Signe de réconfort et d’espoir, l’attrait des jeunes pour les métiers de l’artisanat demeure intact. Incertaines au printemps, les inscriptions d’apprentis dans les 4 centres de formation des chambres de métiers de la région sont montées en puissance en septembre jusqu’à dépasser de 3,7% en novembre celles de l’année précédente. « C’est la preuve que l’image de l’apprentissage s’est retournée, jubile Gérard Bobier. Avant, on disait que c’était pour les cancres alors que c’est un formidable moyen de promotion et d’épanouissement ».

Le 1er janvier 2021 marque aussi l’entrée en vigueur de la régionalisation avec la CMA Centre-Val de Loire qui devient une seule entité juridique employant les 600 salariés du réseau. Chaque chambre départementale conserve néanmoins son organisation et ses élus.

Par Bruno Goupille

 

 

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