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La région Centre-Val de Loire : une terre (aussi) brassicole

Emmanuel et Christelle Alfaia, propriétaires de la Brasserie de L’Aurore.

 

Connue pour le Sancerre, le Vouvray ou encore le Chinon, la région Centre-Val n’est plus pour autant qu’une terre viticole. On y produit aussi un large choix de bières. Cette dernière étant un produit plus abordable, sa consommation s’est démocratisée et on compte aujourd’hui une soixantaine de brasseurs dans la région.

Selon les historiens, la bière est apparue vers 4000 ans avant J-C en Mésopotamie. « Historiquement, on produisait de la bière avant de produire du vin » explique Christelle Alfaia, propriétaire de la Brasserie de L’Aurore et présidente de l’Association des Brasseurs du Centre. Le nombre de brasseurs en France est passé de 120 à la fin des années 2000 à 2300 aujourd’hui.

Des Turones aux Tourangeaux. 

En région Centre-Val de Loire, la Brasserie de L’Aurore a été créée en 2009 et celle-ci est aujourd’hui installée à Tauxigny-Saint-Bauld (37). Récemment, un investissement d’1,5 million d’euros a permis l’achat d’un nouveau terrain, la construction d’un bâtiment de 830m² et l’acquisition de matériel d’occasion. Ce nouveau lieu a ouvert ses portes après le premier confinement en juin 2020. « C’était un projet de longue haleine » explique le couple de propriétaires. Les tâches sont par ailleurs bien réparties. Ancien chef de projet en conception automobile, Emmanuel gère aujourd’hui la production de la bière et les fournisseurs. Sa femme Christelle, ancienne acheteuse industrielle, s’occupe, elle, de la partie clientèle. Vendues en région Centre et dans les départements limitrophes, on compte deux gammes de bières permanentes. La première, appelée Turone, est destinée aux cavistes, épiceries fines et restaurants. La deuxième, appelée Tourangelle, est destinée à la grande distribution. La cheffe d’entreprise entend ainsi « toucher le grand public et réattirer ce public après les confinements ». A l’avenir, le couple souhaite accroitre ses capacités de production en achetant de nouveaux fermenteurs, en embauchant du personnel et en agrandissant le bâtiment. Christelle Alfaia songe également à produire du whisky.

 

« Historiquement, on produisait de la bière avant de produire du vin »
Christelle Alfaia
Propriétaire de La Brasserie de L'Aurore

 

Un produit 100% local. 

Passionné de bière, Pierre Sommier l’est aussi. Ancien prof de sport, il fait le choix de la reconversion professionnelle en 2017 et créé la Brasserie Sommier à Montoire-sur-le-Loir (41). Installée dans un bâtiment de 300m², l’entreprise a produit et vendu 20 000 litres de bière en 2021. Deux gammes sont proposées : en bouteille et en canette. On retrouve ainsi des parfums insolites en canette avec par exemple une bière miel d’Azé-marrons ou une bière noire au fruit de la passion. « Il faut toujours proposer quelque chose de nouveau et fidéliser la clientèle » explique l’entrepreneur. La brasserie vend sa marchandise aux bars, restaurants, épiceries et moyennes surfaces de la région Centre-Val de Loire. Pierre Sommier travaille aujourd’hui seul et il va très prochainement lancer une plateforme de vente en ligne. « Beaucoup de touristes et de parisiens goutent ma bière, puis veulent l’acheter sur internet, explique-t-il. Beaucoup me demandent « où est-ce qu’on peut vous trouver ? » ». Le chef d’entreprise a reçu une aide de la région pour digitaliser son activité. Les produits sont « 100% local » : le malt vient d’Issoudun (Indre) et les bouteilles en verre sont fabriquées à la Verrerie de Châtillon à Autrèche (37). 

Après une longue période de fermetures en raison de la crise sanitaire, les brasseries doivent désormais rembourser les Prêts Garantis par l’Etat (PGE). En plus de cela, ces établissements sont aujourd’hui fortement impactés par l’augmentation des prix des matières premières. Cela concerne « le gaz, l’électricité, le carton, les étiquettes, le verre et les céréales » explique Christelle Alfaia. « Aujourd’hui, mon activité n’a pas encore repris à 100% » ajoute Pierre Sommier. Les brasseurs espèrent néanmoins que le retour des clients comblera ce manque.

Maxence Yvernault

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