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Entretien avec François-Xavier Dillard, auteur tourangeau

Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard est l’auteur à succès de nombreux thrillers, dont Fais-le pour maman (prix des Nouvelles Voix du polar Pocket 2017) et Prendre un enfant par la main (Belfond, 2020). Si les faits divers et drames familiaux sont le point de départ de tous ses romans, à l’orée du huitième, l’homme s’est confié sur sa trajectoire d’écrivain et une success-story qui doit beaucoup aux belles rencontres.

 

L’Épicentre : L’écriture s’inscrit-elle comme une évidence dans votre parcours professionnel ?

François-Xavier Dillard : Dans ce chemin qui m’a conduit à l’écriture, le rôle de la lecture est déterminant. Boulimique de lecture, fort de deux ou trois livres par semaine, je voue une passion pour les mots. De l’enfance chez mes parents, je me rappelle l’invitation à piocher dans la grande bibliothèque où aucun livre n’était interdit. Mon intérêt se portait sur la science-fiction et le fantastique.

Si je travaille actuellement pour une filiale d’EDF à Tours, les mots et l’écriture ont un peu traversé ma carrière à l’occasion notamment d’un poste de directeur de la communication. J’ai aujourd’hui deux métiers que j’adore.

 

L’Épicentre : Comment a démarré votre carrière d’écrivain ?

François-Xavier Dillard : J’ai d’abord écrit une pièce de théâtre et l’ai fait jouer par une troupe en lecture. La première fois que je me suis assis à une table pour écrire remonte à 2005-2006. Quand on commence à écrire, il n’y a guère de méthode si ce n’est se souvenir des auteurs lus. Au début, cela est maladroit. L’écriture exige d’aller à l’essentiel et nécessite du temps pour éviter le farfelu permettant de tenir en haleine le lecteur.

 

L’Épicentre : Votre premier roman Un vrai jeu d’enfant, aux éditions Fleuve noir publié en janvier 2012 est une success-story. Vous nous racontez ?

François-Xavier Dillard : Ce premier roman publié est une chance oui ! Lors d’un dîner parisien, mon voisin de table était commercial dans un groupement de maisons d’édition, Éditis. Ce dernier plaisante en disant « on essaie toujours de me refiler un manuscrit à un dîner ». Au fil de nos échanges, il me conseille finalement de retravailler mon manuscrit, de le lui adresser et il s’engage à le faire suivre à l’éditrice de Fleuve noir.

Le temps me paraît incroyablement long ensuite… Donc, en l’absence de réponse, je relance le commercial avec cette impression de le harceler et lui celle de harceler l’éditrice (rires) ! Et puis un jour, je suis finalement appelé par l’éditrice et tout commence.

 

L’Épicentre : Aujourd’hui, vous avez sept romans à votre actif et le huitième est en cours d’écriture pour une parution en 2023. Vos romans semblent partir très souvent de faits divers…

François-Xavier Dillard : C’est le cas effectivement. J’ai, par exemple, rencontré l’avocat des Courjault, Maître Marc Morin. Cette affaire terrible va révéler au grand public la réalité des dénis de grossesse et, plus largement, comment la violence psychologique d’une maternité peut saccager l’équilibre précaire de certaines femmes trop fragiles. Le déni de grossesse est un révélateur de la puissance de l’esprit sur le corps.

J’aime étudier l’enfance, ses traumatismes qui, j’en suis convaincu, marquent des générations. La famille est un terrain de jeu pour un thriller et les statistiques le démontrent malheureusement.

N.B. Le ministère de l’Intérieur, dans une étude nationale sur les morts violentes au sein du couple parue en 2020, relève cette année-là 125 morts violentes au sein du couple recensées par les services de police et unités de gendarmerie, contre 173 l’année précédente. 14 enfants mineurs sont décédés dans la sphère familiale, victimes d’infanticides ou dans un contexte de violences conjugales (contre 25 en 2019).

 

L’Épicentre : Dans ce huitième roman, vous souhaitez rompre avec vos sujets de prédilection, est-ce exact ?

François-Xavier Dillard : Effectivement, dans ce huitième romain, il ne sera pas question d’enfance. Je vais offrir à mes lecteurs un nouvel univers.

 

L’Épicentre : Le quotidien d’un écrivain ressemble à quoi ?

François-Xavier Dillard : J’ai l’habitude d’écrire le soir, dans les transports en commun. Dans ma vie, j’ai une épouse formidable qui s’occupe beaucoup de la logistique. Je ne la remercierai jamais assez, vous pouvez l’écrire !

 

Camille Colloch

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