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Cléry, Orléans-Cléry, le terroir qui grandit

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Valérie Deneufbourg, présidente du syndicat des vins AOC Orléans et Orléans Cléry

[Dossier Spécial Viticulture à retrouver dans son intégralité dans notre édition d’Octobre 2020]

Vigneronne à Cléry-Saint-André, à quelques kilomètres à l’Ouest d’Orléans, Valérie Deneufbourg n’est pas l’archétype du vigneron français, mais elle incarne l’enracinement, la foi dans un métier de passion, et l’engagement pour une profession en laquelle elle croit.

A 54 ans, elle travaille seule son exploitation d’une douzaine d’hectares depuis quinze ans. « J’ai commencé par faire des enfants », s’amuse-t-elle. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agriculture obtenu à Toulouse, Valérie soigne aujourd’hui ses pieds de Cabernet franc, de Meunier et de Pinot Noir. « J’ai arraché et replanté de nombreux pieds, dit-elle, c’est indispensable pour avancer sur certaines terres fatiguées ». Un travail physique et chronophage, en plus duquel elle assume un mandat à l’INAO, l’Institut national de l’origine et de la qualité, et surtout, la fonction de présidente du syndicat des vins AOC Orléans et Orléans Cléry. Un tout petit territoire viticole, qui longtemps n’a pas fait grand bruit, mais qui entend bien changer la donne. Ils ne sont en effet que quatre vignerons, qui exploitent 65 hectares de vignes pour deux AOC. L’association n’a d’autre objectif que d’assurer le respect des cahiers de charges pour faire croitre la qualité, améliorer le référencement chez les cavistes et dans les guides œnologiques, et bien sûr, gérer la communication qui fera vendre.

L’unité de l’AOC

Autre intérêt des groupements : faire front contre l’adversité. « En quinze ans, on a affronté onze gelées, inhérentes sans doute au changement climatique. Ce qui nous a amené à travailler ensemble, pour protéger des ilots de vigne, et faire en sorte que le gel ne soit pas un facteur limitant ».

Ensemble, les quatre exploitants ont acheté dix tours antigel. Une sorte d’éolienne de petite taille qui brasse l’air pour faire descendre l’air chaud et éviter que le froid ne stagne au niveau des vignes. L’investissement est de l’ordre de 40.000€ pour 5ha !   « En 2016 et 2017, on a vraiment souffert, poursuit Valérie Deneufbourg, et accusé des pertes de l’ordre de 50 à 60% ». Or les assurances n’indemnisent que sur la base de la production moyenne des cinq dernières années. Les viticulteurs ne sont donc assurés que sur un volume médian, en retirant le meilleur. Pour Valérie : 20 hectolitres à l’hectare, quand l’AOC en autorise 50. « C’est la marge qui s’envole. Alors on ne s’assure plus ! En France, on n’a pas su s’arranger à temps pour rendre les assurances obligatoires et se mettre tous d’accord ».

La qualité va aussi avec la notoriété. On apporte toujours plus de soin à nos vins. Pour des vins qui doivent encore grandir, on doit être intransigeants avec la qualité et toujours faire mieux. « On a essayé plein de chose, à commencer par le travail du sol et la diminution drastique des intrants ». Le domaine de Valérie est en culture raisonnée, et même en reconversion Bio depuis trois ans. « J’ai déjà arrêté les herbicides il y a dix ans. Difficile de faire du bio dans le chai et pas dans le sol. Il me manquait le traitement pour être labellisable. Je ne cherche pas le rendement, et je vois bien d’ailleurs que la baisse n’est pas si terrible ».

Avec un rendement moyen de 35hl/ha, les consommateurs apprécient la démarche. Le travail reste le même mais il faut bien faire vivre l’exploitation. Alors oui, le prix de la bouteille s’en ressent naturellement. « Quand les visiteurs nous en parlent, on fait souvent de belles rencontres et ça nous fait avancer ».

Les ventes se font pour 60% aux professionnels (cavistes, restaurateurs et grande distribution. L’agent du domaine développe volontiers cet argument pour écouler chaque année près de 50.000 bouteilles.

Quant à l’export, Valérie Deneufbourg s’y risquerait bien, des Danois l’ont déjà approchée, mais ils sont hésitants quant à vendre des AOC encore inconnues chez eux.

Qu’importe, cette année encore aux pieds de la basilique qui abrite le tombeau de Louis XI, dans quelques jours vont débuter les vendanges du Cabernet franc. « Cette année est magnifique, les raisins sont beaux avec une belle quantité, et beaucoup de sucre grâce au soleil ».

Par Stéphane de Laage

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