Cliquez iciCliquez iciCliquez ici

30 oasis de santé dans le désert médical régional

credit freepik

Associant État et Région, un Groupement d’Intérêt Public va recruter 150 médecins salariés pour tenir 30 centres de santé répartis sur le territoire régional avec le soutien des collectivités locales.

Le constat est alarmant : il manque au moins 500 médecins généralistes en région Centre-Val de Loire. Et le déficit s’aggrave d’année en année avec le départ en retraite de la génération du « baby-boom », faisant du Centre-Val de Loire la région française ayant la densité la plus faible de médecins en France. Pour lutter contre ce désert médical, une nouvelle initiative a été prise début juillet avec la création d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) Pro Santé. Comme son titre le laisse entendre, il s’agira de recruter des médecins salariés relevant du statut de la fonction publique. L’objectif a été fixé à 150 postes ETP qui seront affectés à 30 centres de santé à créer sur le territoire régional en fonction des besoins les plus criants mais aussi de la participation des collectivités locales. Car les coûts des locaux des futurs centres de santé seront pris en charge par les communes d’accueil, lesquelles pourront bénéficier de subventions de l’Etat et de la Région.

Une première nationale

Le 7 juillet dernier, lors de la présentation du GIP Pro Santé aux collectivités territoriales, soixante d’entre elles se sont déclarées intéressées par cette perspective.

Le GIP Pro Santé associe la Région Centre-Val de Loire, les collectivités territoriales et un réseau de partenaires dont l’union régionale des professionnels de santé, l’ASSAD-HAD (hospitalisation à domicile), France Info Santé et l’APEC (Association pour l’Emploi des Cadres) qui se chargera du recrutement en concertation avec le cabinet RemplaFrance.

« C’est la première fois qu’une région crée une structure qui salarie des médecins, a annoncé Laurent Habert, le directeur de l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire. La création des centres de santé répond à une attente de certains internes en médecine qui aspirent au salariat et à un exercice collectif de leur métier. Cela élargi les possibilités d’installation en offrant des opportunités supplémentaires ».

Étalement sur cinq ans

Pour sa part, François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le programme « ma région 100% santé » lancé en novembre 2019 à l’occasion d’une session plénière extraordinaire commune avec le CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional).

« Un effort très important a déjà été réalisé avec la création de près d’une centaine de Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), mais cela est encore insuffisant pour répondre à tous les besoins, a-t-il reconnu. Avec la création de 30 centres de santé dans les cinq prochaines années nous complétons le dispositif régional de l’accès aux soins pour tous ». L’initiative prise par la région Centre-Val de Loire a d’ailleurs suscité l’intérêt de trois autres présidents de région.

Reste à recruter les futurs médecins des centres de santé. Une tâche que le délégué régional de l’APEC, Anthony Fumard, estime réaliste au vu d’une étude sur l’attractivité territoriale qui donne une bonne place au Centre-Val de Loire. « Il faudra aussi tenir compte de tout l’environnement familial des candidats en intégrant en particulier la recherche d’emploi du conjoint » indique-t-il.

Financement partagé

Plus concrètement, le financement des centres de santé sera assuré par plusieurs sources : l’assurance maladie pour le paiement des médecins, l’Etat pour les postes de secrétariat et d’assistance médicale, la Région pour les compléments de salaire et de charges des médecins, les collectivités locales pour la structure d’accueil avec attribution de subventions.

Les profils recherchés correspondent plutôt à de jeunes médecins soucieux de se consacrer entièrement à leur pratique professionnelle sans être accaparés par les tâches administratives. Il pourrait néanmoins leur être demandé de participer aux services de garde, répondant ainsi à l’une des préoccupations des médecins actuellement en exercice qui ont souvent le sentiment d’être bien seuls au milieu de leur désert.

Par Bruno Goupille

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur email
Envoyer à un ami
Partager sur linkedin
LinkedIn